France-Feu vert à Eiffage pour le rachat de l'aéroport de Toulouse
information fournie par Reuters 12/12/2019 à 13:28

 (Actualisé avec précisions)
    par Johanna Decorse
    TOULOUSE, 12 décembre (Reuters) - L'Autorité de la
concurrence a annoncé jeudi autoriser le rachat par Eiffage
 FOUG.PA  des parts détenues par Casil Europe au capital de la
société Aéroport Toulouse-Blagnac, gestionnaire de l'aéroport
toulousain, sans conditions particulières.
    Eiffage, leader européen du BTP et des concessions, est
entré en négociations exclusives en mai 2019 avec Casil Europe
pour racheter les 49,99% de parts que la société a acquises en
avril 2015 auprès de l'Etat pour 308 millions d'euros.
    L'Autorité de la concurrence n'a pas « identifié de
problèmes de concurrence susceptibles de survenir à l'issue de
l'opération », Eiffage étant notamment concessionnaire de
l'aéroport de Lille-Lesquin à compter du 1er janvier 2020.
    La société de droit français Casil Europe, issue du
consortium chinois Symbiose formé par l'entreprise d’Etat
Shandong Hi-Speed Group et le fonds d'investissement Friedmann
Pacific Asset Management, est depuis avril 2015 le premier
actionnaire d'ATB aux côtés de l'Etat qui conserve une
participation de 10,01%.
    Les autres actionnaires sont la Chambre de commerce et
d'industrie de Toulouse (25% du capital) et les trois
collectivités locales, Toulouse Métropole, la Région Occitanie
et le Département de Haute-Garonne qui détiennent chacune 5%.
    Depuis son entrée au capital d'ATB en avril 2015, Casil
Europe a essuyé de vives critiques de la part d'élus, syndicats
et associations qui ont multiplié les recours en justice pour
annuler la privatisation partielle de l'aéroport toulousain.
    Après un bras de fer judiciaire de plusieurs années, la
procédure de cession des parts de l'Etat à Casil Europe d'avril
2015 a finalement été validée le 9 octobre dernier par le
Conseil d'Etat.
    S'ils ne se sont pas associés à ces recours en justice, les
actionnaires publics locaux dénoncent depuis plusieurs années de
la part de Casil Europe une « logique de rendement immédiat
déconnectée du développement à long terme de l'aéroport » et sa
« gestion strictement mercantile ».
    Entre 2015 et 2017, 41,6 millions d'euros de dividendes ont
été versés aux six actionnaires d'ATB, soit 20,7 millions
d'euros pour Casil Europe et 20,8 millions d'euros pour les
collectivités et l'Etat.
    Le 5 novembre dernier, la décision en assemblée générale de
Casil Europe de distribuer les 16,2 millions d'euros de
bénéfices de 2018 sous forme de dividendes a suscité une
nouvelle levée de boucliers des actionnaires locaux qui ont voté
contre.
    «L'enthousiasme des grandes collectivités pour un opérateur
chinois a été une tragédie et un marché de dupes car aucune
promesse de Casil n'a été tenue tant sur le respect des
collectivités que sur les financements annoncés", a déclaré
récemment Jean-Louis Chauzy, président du Ceser Occitanie pour
qui "les actionnaires chinois vident les caisses de l'aéroport
avant de partir".
    Pour le Ceser et les collectivités, l'arrivée d'un nouvel
actionnaire doit « permettre de définir la mise en place d'une
nouvelle politique en matière de gouvernance, de distribution de
dividendes et d'investissements dans des perspectives de long
terme".

 (Edité par Sophie Louet)