ORLEANS, Loiret, 16 novembre (Reuters) - Les 140 salariés de
l'unique fabricant français d'éoliennes, Vergnet SA, en
appellent à l'Etat et à la Banque publique d'investissement pour
leur permettre de franchir "dignement" l'étape du redressement
judiciaire qui frappe leur entreprise.
Après une année 2015 couronnée de bons résultats,
l'entreprise a pâti de la chute des cours des matières
premières, sa clientèle étant essentiellement située en Afrique.
Des positionnements sur de très gros projets jugés « trop
ambitieux » par le comité d'entreprise ont également contribué à
affaiblir le producteur d'éoliennes.
Dans l'attente d'une potentielle décision de reprise, qui
devrait intervenir le 21 novembre, Jean-Marc Sassolas,
secrétaire du comité d'entreprise, demande "des moyens pour les
salariés prochainement licenciés".
"La moitié des salariés sera probablement licenciée. La BPI
ne peut pas les laisser tomber avec un plan social a minima »,
a-t-il expliqué jeudi à Reuters. « Rien n'a été fait pour
redresser Vergnet malgré nos alertes lancées depuis deux ans.
Nous avons un profond sentiment de gâchis ».
"Les accords de Paris, signés en 2015, ont souligné la
nécessité absolue de rester en deçà de 2°C de hausse de
température sur la planète", rappellent les salariés dans une
lettre ouverte.
Ils dénoncent « un véritable paradoxe entre la volonté
affichée de la France de développer les énergies renouvelables,
et la situation de Vergnet SA », alors que l'Etat, au travers de
la BPI, demeure son actionnaire majoritaire.
Contactée par Reuters, la BPI n'a pas souhaité faire de
commentaires.
(Mourad Guichard, édité par Sophie Louet)