France-Dati porte plainte pour dénonciation calomnieuse dans l'affaire Ghosn
information fournie par Reuters 05/06/2019 à 15:00

    PARIS, 5 juin (Reuters) - L'ex-ministre de la Justice
Rachida Dati a annoncé mercredi par la voix de ses avocats
qu'elle portait plainte pour dénonciation calomnieuse contre
l'actionnaire de Renault  RENA.PA  qui est à l'origine de
l'enquête du parquet national financier (PNF) sur un contrat
passé avec le constructeur automobile.
    Le PNF a ouvert le 31 mai une enquête sur cette convention
ainsi que sur les contrats conclus par l'expert en questions de
sécurité Alain Bauer avec l’alliance Renault-Nissan.
    L'ouverture de cette enquête fait suite à la plainte d'une
petite actionnaire pour corruption active et passive, abus de
biens sociaux et recel, visant Rachida Dati, Alain Bauer et
l'ex-PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn, a expliqué à Reuters
l'avocat de la plaignante, Me Jean-Paul Baduel.  
    Cette plainte déposée il y a quelques semaines met aussi en
cause le fonctionnement et le rôle d'une entité néerlandaise de
Renault-Nissan, RNBV. Mais pour les avocats de Rachida Dati, Mes
Hervé Lehman et Olivier Pardo, elle relève d'une campagne
calomnieuse contre leur cliente.
    Ils accusent dans un communiqué Me Jean-Paul Baduel de
diffuser des "propos diffamatoires constituant de fausses
informations dans le seul but de déstabiliser Mme Rachida Dati,
qui a annoncé sa candidature à la mairie de Paris".
    "Elle est intervenue en qualité d'avocat au terme d'une
convention qui respectait toutes les obligations posées par
l'Ordre des avocats du Barreau de Paris", poursuivent-ils.
    "Dans ces conditions, Mme Rachida Dati diligente une plainte
pour dénonciation calomnieuse à l'encontre de la personne
mystérieuse qui a déposé une plainte mensongère" et "fait
délivrer une citation directe en diffamation à comparaître" à
l'encontre de Me Baduel", ajoutent les deux avocats.
    Mes Hervé Lehman et Olivier Pardo devaient remettre mercredi
au PNF les pièces confirmant "la parfaite légalité" de
l'intervention de leur cliente.
    "Mme Rachida Dati fait en outre toutes réserves sur la
recevabilité et le bien-fondé" de la plainte de l'actionnaire de
Renault. Renault-Nissan avait une "connaissance parfaite" de sa
mission, déclarent-ils : "Rien n'a été caché et tout a été
déclaré aux autorités publiques françaises et néerlandaises
(...) Mme Rachida Dati (...) ne se laissera pas faire."
    RNBV est aussi dans le collimateur de la justice française
dans un autre volet de l'affaire Carlos Ghosn - l'ex-PDG de
l'alliance Renault-Nissan poursuivi au Japon sous l'accusation
de malversations financières.
    Le conseil d'administration de Renault a annoncé mardi
qu'une mission d'audit mise en place avec Nissan sur RNBV avait
"confirmé des déficiences", notamment en matière de transparence
financière et de contrôle des dépenses. 
    Il a demandé la mise en oeuvre d'"actions judiciaires aux
Pays-Bas" concernant des surcoûts lors de déplacements de Carlos
Ghosn en avion, des dépenses engagées par l'ex-PDG, et des dons
à des organismes à but non lucratif. 

 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)