PARIS, 17 janvier (Reuters) - Le gouvernement a annoncé
mercredi qu'il renonçait à la construction d'un nouvel aéroport
à Notre-Dame-des-Landes, mettant un point final à un feuilleton
qui court depuis 50 ans.
1965
Le projet voit le jour avec la décision du préfet de
Loire-Atlantique d'engager la "recherche d'un nouveau site
aéronautique pour les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire" à
même d'absorber la hausse du trafic aérien.
1967
Le site de Notre-Dame-des-Landes, à une vingtaine de
kilomètres au nord de Nantes, est jugé comme le meilleur par les
services techniques de l'aviation civile.
1973
Des agriculteurs fondent le premier groupement d'opposants,
l'Association de défense des exploitants concernés par le projet
d'aéroport (Adeca).
1974
Le sigle ZAD apparaît pour la première fois mais il s'agit
alors d'une Zone d'aménagement différé, créée par arrêté
préfectoral, qui permet d'acquérir progressivement les terrains
sur les lieux du futur aéroport.
2000
Le gouvernement de Lionel Jospin relance le projet, qui n'a
quasiment pas avancé depuis les années 1970.
2008
La déclaration d'utilité publique est publiée au Journal
officiel au mois de février.
2009
Des militants écologistes et anticapitalistes commencent à
occuper le site, qu'ils rebaptisent "zone à défendre" (ZAD),
créant là un modèle qui sera dupliqué ailleurs en France, comme
à Sivens (Tarn).
2010
En décembre, le gouvernement choisit Vinci pour la
construction de l'aéroport. Le groupe de BTP, qui obtient en
théorie la concession pour 55 ans, prévoit alors d'investir de
l'ordre de 400 à 500 millions d'euros dans les travaux.
2012
Une tentative d'évacuation de la ZAD, lancée en octobre
tourne court : le gouvernement finit par suspendre l'opération,
après des heurts entre forces de l'ordre et "zadistes", et les
occupants restent sur place.
2013
La préfecture de Loire-Atlantique signe en décembre une
série d'arrêtés autorisant des travaux environnementaux
préalables à la construction de la plate-forme aéroportuaire.
2016
Le 26 juin, les électeurs de Loire-Atlantique, seuls
consultés, se prononcent à 55,17% en faveur du projet de
transfert dans le cadre d'un vote imaginé par François Hollande
pour sortir de l'impasse.
Le 14 novembre, la cour administrative d'appel de Nantes
donne tort aux opposants en validant les arrêtés préfectoraux
indispensables au début des travaux, lors d'un énième épisode de
cette bataille de procédure au long cours.
Une décision qui "conforte la détermination du
gouvernement", selon le Premier ministre d'alors, Manuel Valls.
2017
Le 1er juin, le Premier ministre, Edouard Philippe, lance
une "mission de médiation", confiée à trois experts, chargée
d'étudier "toutes les solutions allant dans le sens de l'intérêt
général, dans un dialogue apaisé avec les acteurs et dans le
respect de l'ordre public".
Le 13 décembre, les médiateurs rendent leur rapport, qui
dessine deux scénarios possibles, permettant chacun de répondre
au doublement du trafic prévu d'ici à 2040 : la réalisation du
projet de Notre-Dame-des-Landes ou l'aménagement de l'aéroport
déjà en activité de Nantes-Atlantique.
2018
Le 12 janvier, Edouard Philippe achève ses consultations sur
l'avenir du projet, dernière étape avant l'annonce de
l'exécutif. Devant ses interlocuteurs successifs, le chef du
gouvernement s'est pour l'essentiel contenté de dire à quel
point il avait "conscience de la complexité du dossier", sans
donner d'indices sur le sens de la décision finale.
Le 17 janvier, il annonce que le gouvernement a décidé de
renoncer au projet en raison de l'impasse dans laquelle il se
trouve et d'évacuer les occupants illégaux d'ici "au printemps".
L'aéroport de Nantes-Atlantique sera quant à lui modernisé
dans un premier temps sur l'emprise actuelle de l'aéroport dans
des "délais rapides". La procédure pour l'allongement de la
piste de l'aéroport de Nantes-Atlantique sera également lancée
et l'aéroport de Rennes sera parallèlement agrandi.
(Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)