France/Carburants-Macron promet de continuer à agir "en étant lucide" sur les comptes publics
information fournie par Reuters 18/09/2026 à 16:11

(Actualisé avec déclarations de Macron)

Emmanuel Macron a dit vendredi entendre la colère et la "souffrance" des Français face à la flambée des prix du carburant et promis que son gouvernement continuerait à agir tout "en étant lucide" sur la situation fragile des finances publiques, excluant les aides massives réclamées par l'opposition.

La hausse des prix de l'essence et du gaz est "due intégralement aux guerres" en Ukraine et au Moyen-Orient et "va continuer dans les prochaines semaines de rythmer la vie du pays", a déclaré le chef de l'Etat à la presse à l'issue d'une réunion avec les représentants des partis siégeant au Parlement sur la situation géopolitique et énergétique mondiale.

Face à cela, Emmanuel Macron a assuré que la France agissait sur le plan diplomatique pour contribuer à une réouverture du détroit d'Ormuz, à son déminage et à la mise en place d'escortes de navires et pour sécuriser ses approvisionnements en pétrole et gaz.

Le président de la République a également annoncé qu'il convoquerait un G7 consacré à l'énergie et saisirait la Commission européenne pour travailler à une série de mesures visant notamment à réduire les dépendances aux hydrocarbures.

"Avant de dépenser le maximum d'argent qui est l'argent des Français, et donc qui se traduira soit en déficit accru, soit en impôts, il faut surtout que nous soyons mobilisés pour essayer d'en traiter les causes: la paix et la réouverture des voies", a-t-il insisté.

Sur le plan national, alors que la grogne sociale s'amplifie, le chef de l'Etat s'est dit "solidaire" et "mobilisé" à l'égard des Français à qui il a demandé de "rester unis". "Les mobilisations sociales sont toujours légitimes, mais elles sont efficaces lorsqu'elles ont un débouché qui est à la main du gouvernement", ce qui n'est pas le cas actuellement, a-t-il déclaré.

"Le gouvernement (...) agit aujourd'hui aussi pour accompagner les filières et les ménages et il continuera de le faire dans les semaines et les mois qui viennent", a poursuivi Emmanuel Macron tout en rejetant une nouvelle fois les appels à un blocage de prix de La France insoumise ou à une baisse des taxes sur l'essence émanant du Rassemblement national.

"J’entends beaucoup de gens nous dire 'Faites ceci', 'Faites cela', 'Dépensez plus' (...). Ce sont les mêmes qui nous disaient il y a quelques jours : 'Vous avez trop fait de manière irresponsable entre 2022 et 2024 pour nous mettre dans cette situation de dépense publique'. Il faut être cohérent", a-t-il dit.

L'AIDE AUX GROS ROULEURS PROLONGÉE

"Il n'a aucune solution à apporter pour régler le problème de (...) l'augmentation des carburants. Donc la seule possibilité qui est la sienne, c'est ce sur quoi il a un pouvoir, c'est de baisser les taxes sur les carburants. Voilà, c'est la seule possibilité qu'il a. Et encore une fois, il y viendra et il y viendra comme d'habitude trop tard", a réagi Marine Le Pen lors d'un déplacement dans l'Aude. Le RN était représenté à l'Elysée par Jordan Bardella.

Face à la flambée des prix des carburants, le gouvernement de Sébastien Lecornu a instauré une série d'aides pour les secteurs professionnels les plus affectés (pêche, agriculture, BTP) qui ont été prolongées jusqu'au 31 décembre, mais aussi pour quelque trois millions de travailleurs modestes considérés comme "gros rouleurs".

Ce dispositif spécifique, qui consiste en une aide de 100 euros pour un actif sous conditions de ressources, s'il effectue au moins 15 kilomètres par jour pour son trajet entre son domicile et son travail ou s'il parcourt plus de 8.000 km par an à des fins professionnelles, "ne s'arrêtera pas au 30 septembre" comme prévu initialement, a annoncé vendredi le ministre du Commerce, Serge Papin, sur TF1.

"Nous nous réunissons lundi autour du Premier ministre pour prolonger les aides. (...) Nous allons réfléchir à ce qui pourra être proposé pour la suite de l'aide aux grands rouleurs", a-t-il dit, sans plus de précisions.

Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a quant à lui invité TotalEnergies TTEF.PA à "intensifier sa baisse des prix à la pompe" et a indiqué que les aides "carburants" instaurées depuis le début du conflit entre l'Iran d'une part, Israël et les Etats-Unis d'autre part, représentaient "une enveloppe de 1,4 milliard d'euros" qui a conduit le gouvernement à des réductions de dépenses dans plusieurs ministères.

Le prix moyen du gazole en France évolue actuellement autour de 2,38 euros le litre.

Interrogé vendredi matin par LCI, David Amiel a réaffirmé que l'Etat ne gagnait "pas un euro sur les recettes liées aux carburants". "Quand on compare les recettes liées au carburant cette année par rapport à la même période l'année dernière, on a même perdu 10 millions d'euros", a-t-il déclaré.

(Rédigé par Sophie Louet et Jean-Stéphane Brosse, avec Bertrand Boucey)