Fragilisé, le titre ADP ne résiste pas à la guerre qui dure en Iran
information fournie par Investir 16/03/2026 à 16:00

adp-1 (Crédit: L. Grassin / )

Les trafics sont affectés sur les aéroports de Turquie et d'Inde dont le groupe détient des participations du groupe, tandis que le dialogue avec l'Etat sur les conditions d'exploitation en France se présente mal, ce qui fait oublier les bons résultats de 2025.

L'action ADP accuse un repli de 13% depuis le début de la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, deux fois plus fort que celui de l'indice Cac 40, avec seulement deux tentatives de rebond en neuf séances. La Bourse ne s'y est pas trompée : le conflit impacte durement l'environnement du gestionnaire d'aéroports.

Philippe Pascal, son président, avait fait un premier point dès le 4 mars sur BFM : 7% du trafic passagers de Roissy était déjà affecté et 1% de celui d'Orly. Hors de France, ADP détient des participations minoritaires dans les groupes TAV (Turquie) et GMR (Inde), qui gèrent un flux annuel de plus de 220 millions de passagers, représentant plus de 60% du total de l'entreprise française. L'impact de la guerre y était spectaculaire à cette même date : 50 % de trafic en moins à Amman (Jordanie), 25 % à Médine (Arabie Saoudite) et, par effet indirect, de 5 % à 7 % à New Delhi, (Inde).

Bonne surprise

Le revers de fortune est d'autant plus cruel qu'une semaine semaine auparavant, ADP avait présenté des résultats qui avaient agréablement surpris les investisseurs. Le passage au crible des dépenses d'exploitation dans les aéroports parisiens (Roissy et Orly) lui a permis de dégager l'an dernier un Ebitda supérieur de près de 4% aux attentes du consensus établi par la société. C'est l'effet positif du fort resserrement des charges en France, qui n'ont progressé que de 3% au second semestre contre 8,7% au premier.

Les projections 2026 données par le groupe sont par ailleurs conformes aux anticipations : légère progression de l'Ebitda et poursuite de l'amélioration du chiffre d'affaires par passager.

Mais ADP était et reste par ailleurs fragilisé par le dialogue compliqué avec l'Etat. Après la confirmation du « non » de l'Autorité de régulation des transports (ART) à ses demandes tarifaires pour 2026, le groupe aéroportuaire compresse ses investissements à Roissy et à Orly, ce qui n'est pas une bonne nouvelle.

Le tout augure mal de la qualité des négociations à venir sur le contrat de régulation économique (CRE) pour la période 2027-2034. D'autant qu'ADP a fixé dans le haut de la fourchette de sa proposition, à 5,9 % en moyenne, le niveau de retour sur capitaux (ROCE) jugé nécessaire pour tenir les engagements de son plan. L'an dernier ce ROCE a atteint 4,3 % ou 5 % hors impôt exceptionnel.

Les incertitudes s'accumulent sur les perspectives à court terme du groupe, nous conseillons la vente.

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