Football/Coupe du monde-La machine espagnole à l'épreuve de la fougue belge information fournie par Reuters 08/07/2026 à 20:39
L’Espagne affronte la Belgique vendredi en quart de finale de la Coupe du monde avec l’ambition de poursuivre sa série d’invincibilité face à des Diables rouges en pleine confiance après leur large victoire contre les États-Unis (4-1) dans un match accompagné d’un étonnant épisode politico-sportif.
La qualification belge a été précédée d’un incroyable feuilleton quand la suspension automatique d’un match que devait purger l’attaquant américain Folarin Balogun, après son exclusion en seizièmes de finale, a été annulée à la suite d'une intervention du président américain Donald Trump auprès du président de la Fifa, Gianni Infantino.
La Belgique a répondu à cette agitation extra-sportive en infligeant une lourde défaite aux Américains, ponctuée de quatre buts. Mais le défi qui attend désormais l'équipe de Rudi Garcia est d’une tout autre ampleur.
L’Espagne reste sur une série impressionnante de 35 matches sans défaite, un parcours qui a transformé la Roja, passée du statut de championne d’Europe prometteuse à celui d’équipe capable de dicter le cours d'une rencontre face à n’importe quel adversaire.
Depuis son élimination surprise face au Maroc en huitièmes de finale du Mondial 2022 au Qatar, aux tirs au but, sous les ordres de Luis Enrique, la sélection espagnole s’est profondément réinventée sous la direction de Luis de la Fuente.
Ancien entraîneur des équipes de jeunes, il connaît nombre de ses joueurs depuis leurs années de formation.
Cette sélection nationale affiche souvent la cohésion d’un club de haut niveau : disciplinée, organisée, équilibrée et particulièrement difficile à déstabiliser.
Sous les ordres de Luis de la Fuente, l’Espagne a remporté la Ligue des nations en 2023, décroché un quatrième titre de championne d’Europe, longtemps attendu, en 2024, puis atteint une nouvelle finale de Ligue des nations l’année suivante, s’inclinant cette fois aux tirs au but face au Portugal après un match nul (0-0).
D’ailleurs, le Portugal de Cristiano Ronaldo est également le dernier adversaire éliminé par l’Espagne dans cette compétition. Les Espagnols se sont imposés (1-0) grâce à un but inscrit dans les derniers instants, une rencontre qui a parfaitement mis en lumière l’une de leurs grandes forces : la qualité de leur banc.
Entré en jeu en cours de match, Mikel Merino a inscrit le but de la victoire sur un service d’un autre remplaçant, Ferran Torres, quelques minutes seulement après son apparition sur la pelouse.
La force de l’Espagne ne repose pas sur un unique joueur capable de faire basculer une rencontre à lui seul, mais sur la richesse de son effectif. Lors de l’Euro 2024, la Roja avait inscrit 15 buts grâce à 10 buteurs différents, un record dans l’histoire de la compétition pour une même équipe au cours d’une seule édition.
Même le prodige Lamine Yamal, qui n'a pas encore retrouvé son meilleur niveau après une blessure aux ischio-jambiers en avril, a montré que quelques éclairs de génie suffisent à désorganiser les défenses adverses et à créer des espaces pour ses coéquipiers.
La Belgique, de son côté, devra tenter de faire vaciller cette mécanique bien huilée sans Amadou Onana, victime d’une rupture du ligament croisé antérieur lors de la victoire contre les États-Unis.
Le milieu de terrain a quitté le terrain dès la 21ème minute après une mauvaise réception. Il a toutefois rejoint les célébrations de ses partenaires à l’issue du match, se déplaçant avec des béquilles.
Son absence représente un coup dur pour Rudi Garcia, qui devra trouver une solution pour combler ce vide face à une équipe espagnole qui sait exploiter la moindre faille.
Les Diables rouges ont toutefois déjà démontré leur capacité à répondre présent dans l’adversité. Ils devront désormais livrer leur prestation la plus aboutie du tournoi pour espérer faire tomber l’Espagne.
(Fernando Kallas; version française Zakarya Meliani)