Fitch Ratings : "la hausse des prix du pétrole pèserait sur la conjoncture macroéconomique si la guerre en Iran se prolongeait"
information fournie par Zonebourse 27/03/2026 à 15:54

Selon Fitch Ratings, "les effets de la hausse des prix du pétrole et du recul des marchés actions seraient les principaux moteurs de l'impact économique mondial négatif dans un scénario défavorable où le conflit en Iran se prolongerait jusqu'à la fin du premier semestre 2026".

L'analyse transversale de l'agence de notation financière américaine montre que le PIB réel mondial serait inférieur d'environ 0,8% après quatre trimestres par rapport à son scénario de référence publié dans le Global Economic Outlook (GEO) de mars.

"Nous avons estimé l'impact macroéconomique de ce scénario défavorable à l'aide du modèle économique mondial d'Oxford Economics. La hausse des prix du pétrole pèserait le plus fortement sur la croissance économique en Corée, au Japon et aux États-Unis, tandis que la baisse des marchés actions aurait l'effet le plus marqué au Canada, en Corée et aux États-Unis. Les effets de richesse liés à la baisse des cours boursiers représenteraient environ la moitié de l'impact négatif sur le PIB américain dans ce scénario. Plusieurs marchés émergents enregistreraient également un ralentissement de la croissance en raison de l'élargissement des spreads des indices obligataires émergents", a soulevé Fitch Ratings.

Dans le GEO de mars, l'agence de notation anticipe une croissance du PIB réel de 2,2% aux Etats-Unis, de 4,3% en Chine et de 1,3% dans la zone euro pour 2026, avec une croissance mondiale attendue à 2,6%. Dans le scénario défavorable, la croissance américaine cette année serait de 1,5%, tandis qu'elle serait inférieure à 4% en Chine et inférieure à 1% dans la zone euro.

La modélisation montre que l'impact maximal du scénario défavorable se produit quatre trimestres après le choc, lorsque les effets sont encore plus marqués que ne le suggère la faiblesse de la croissance moyenne annuelle. Au quatrième trimestre 2026, la croissance du PIB réel américain ne serait que de 0,6% en glissement annuel dans le scénario défavorable, contre 1,8% dans le GEO. La croissance dans la zone euro serait également de 0,6% en glissement annuel au quatrième trimestre 2026, contre 1,5%, tandis que la croissance mondiale serait de 1,7% contre 2,5%.

Dans le scénario défavorable, l'inflation parmi les économies du "Fitch 20" serait supérieure de 1,3 point de pourcentage après quatre trimestres par rapport au GEO. L'Inde, la Pologne et la Turquie verraient toutes leur inflation augmenter de plus de 2 points de pourcentage.

"Toutefois, nos estimations de l'impact de ce scénario sur l'inflation ne tiennent pas compte d'éventuelles mesures de politique budgétaire que les gouvernements pourraient mettre en oeuvre pour plafonner ou limiter autrement la hausse des prix de l'énergie, ce qui pourrait atténuer l'effet inflationniste du scénario", fait savoir Fitch Ratings.

"Nous ne pensons pas que la politique monétaire aux États-Unis, dans l'Union européenne ou au Royaume-Uni se resserrerait de manière significative dans ce scénario défavorable. Cela reflète en partie une situation inflationniste différente de celle de la flambée des prix de l'énergie en 2022, survenue dans un contexte de pénuries de main-d'oeuvre, de perturbations des chaînes d'approvisionnement et de mesures massives de relance budgétaire", signale l'agence de notation.