Fébrilité européenne dans l'attente d'avancées concrètes USA-Iran information fournie par Zonebourse 29/05/2026 à 17:51
Le CAC 40 a passé la quasi-intégralité de la journée en territoire positif, mais il a vu ses gains s'étioler au fil de la journée, pour finalement terminer sur un léger repli de 0,07%, à 8 183,34 points. Avec cette performance, l'indice parisien affiche une hausse de 0,83% sur la semaine, et progresse de 0,84% sur l'ensemble du mois de mai, un deuxième mois consécutif dans le vert, une première depuis la fin de l'année 2025.
Les autres places européennes ont globalement déroulé la même tendance. Le FTSE 100 à Londres n'a cédé que 0,09%, le DAX 40 à Francfort a grappillé 0,08% et l'Euro Stoxx 50 a fini sur un gain insignifiant de 0,03%.
La fragilité de la hausse, du marché parisien, est à l'image de la conviction des investisseurs sur la signature d'un accord prochainement entre l'Iran et les Etats-Unis. Le sentiment pourrait se résumer par "on veut y croire, mais pas trop, tant les déceptions ont été nombreuses ces dernières semaines".
Signe toutefois que la volonté d'y croire est un peu plus forte, les cours du pétrole ont poursuivi leur décrue. Au moment de la clôture européenne, à New York, le WTI reculait de 2,15%, à 86,53 dollars, et à Londres, le Brent de la mer du Nord cédait 2,43%, à 90,13 dollars. Sur l'ensemble du mois de mai, les cours de l'or noir ont reculé d'environ 17%, mais restent encore nettement au-dessus de leurs niveaux d'avant le conflit au Moyen-Orient.
Justement, en ce qui concerne les négociations entre Téhéran et Washington, il n'y a pas vraiment eu d'avancées depuis hier et l'annonce d'un accord-cadre entre les deux qui ne nécessiterait plus que la signature de Donald Trump. Ce dernier, d'ordinaire si prolixe, notamment sur les réseaux sociaux, s'est contenté d'un message autour de 17h. Dans ce dernier, il a rappelé certaines conditions comme le fait que l'Iran ne doit pas avoir d'arme nucléaire, ou la réouverture du détroit d'Ormuz. Le président des Etats-Unis a conclu en indiquant : "je vais me réunir dès à présent dans la Situation Room (salle de crise) pour prendre une décision finale".
D'après des sources concordantes, les deux parties s'approcheraient d'un protocole d'accord de 60 jours, prévoyant une levée des blocages dans le détroit d'Ormuz durant la première partie de ces deux mois.
Pour Grégoire Kounowski, investment advisor chez Norman K, "la signature de ce mémorandum d'entente constituerait la percée diplomatique la plus significative depuis le début du conflit, mais un accord définitif répondant aux exigences de chaque camp (nucléaire iranien, levée partielle des sanctions économiques US, guerre au Liban etc.) nécessiterait encore d'intenses tractations dans les prochains semaines".
Dans le cas de la signature d'un accord, même provisoire, il ajoute que "c'est davantage l'Europe et surtout l'Asie, plus exposées à l'inflation énergétique, qui pousseront un ouf de soulagement, avec de potentiels rallyes boursiers à la clé".
Une actualité macro-économique chargée, mais sans conséquence
Au niveau des indicateurs, ils ont été nombreux de part et d'autre de l'Atlantique. On retiendra principalement que l'inflation a poursuivi sa hausse en France, mais à un rythme moins soutenu que redouté. Selon des données préliminaires de mai, l'indice des prix à la consommation de mai s'est affiché à 0,1%, contre 0,2% attendu, pour une progression en rythme annuel de 2,4%, soit 0,1 point de moins qu'attendu.
En revanche, toujours dans l'Hexagone, le Produit intérieur brut du premier trimestre a reculé de 0,1%, contre une précédente estimation à 0,2%.
Aux Etats-Unis, le déficit de la balance commerciale a été moins important que prévu selon des données préliminaires du mois d'avril, et s'est installé à -82,40 milliards de dollars.
Autre bonne nouvelle américaine, l'indice PMI de Chicago a progressé nettement plus qu'escompté en passant de 49,2 points en avril, à 62,7 en mai, contre une prévision à 50,6 points. A 62,7 points, il est à un niveau inédit depuis mars 2022.
Sur le marché des devises, l'euro était en hausse face au billet vert ( 0,20%) au moment de la clôture européenne, et s'échangeait contre 1,1675 dollar.
Au niveau des sociétés
Derichebourg a fini la journée sur un gain de 6,35%, après avoir été jusqu'à gagner 15,36% en début de journée. Le spécialiste du recyclage des métaux a dévoilé des comptes semestriels supérieurs aux attentes, et en a profité pour relever ses objectifs financiers annuels.
Dans le haut du palmarès également, Pierre & Vacances a progressé de 5,42%. Deux analystes ont confirmé leur recommandation à l'achat sur le titre au lendemain de la publication des résultats du premier semestre 2025-2026.
En Allemagne, Bayer a trébuché de 3,46%, Jefferies a laissé sa recommandation à conserver avec une cible de cours toutefois portée de 25 à 40 euros. Les analystes continuent de s'inquiéter pour les litiges juridiques aux Etats-Unis liés au Roundup de Monsanto.
A Londres, Ocado s'est apprécié de 7,11%. Le spécialiste de l'e-commerce alimentaire a annoncé un partenariat avec Asda visant à moderniser l'ensemble de son infrastructure en ligne au Royaume-Uni. La plateforme Ocado Smart Platform sera déployée dès 2027.