Faut-il investir dans le Bitcoin dans le contexte de crise actuel ?
information fournie par Café de la Bourse 07/04/2026 à 19:39

bitcoin 3 (Crédits: Unsplash - André François McKenzie)

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes coordonnées sur Téhéran et plusieurs grandes villes iraniennes. Cette escalade géopolitique a propulsé les prix du pétrole vers les 120 $ le baril, déclenchant un mouvement de repli généralisé sur les marchés actions et autres actifs risqués. Dans les premières heures suivant l'annonce, le bitcoin a cédé plus de 3 %, illustrant une nouvelle fois sa sensibilité aux phases d'aversion au risque.

Malgré un rebond observé dans les deux semaines qui ont suivies, la tendance reste orientée à la baisse depuis la mi-mars. Au 31 mars 2026, le Bitcoin affiche désormais une correction supérieure à 45 % par rapport à son record d'octobre 2025 au-dessus des 126 000 $. Alors est-ce le moment d'investir dans le Bitcoin ?

Pourquoi le Bitcoin a-t-il autant chuté ?

La première phase de repli s'inscrit dans une logique classique de prise de bénéfices après un cycle haussier particulièrement marqué, ramenant le prix du Bitcoin vers la zone des 87 000 $. À ce stade, le mouvement restait plutôt cohérent avec une phase de consolidation au sein d'une tendance haussière de long terme.

Cependant, la faiblesse du rebond qui a suivi a progressivement modifié la structure de marché. Dès janvier 2026, le passage sous les 80 000 $ a constitué un signal technique important, traduisant une incapacité des acheteurs à reprendre le contrôle. À partir de ce moment, la dynamique s'est inversée sur le BTC.

Les marchés ont ensuite dû faire face à une montée en puissance de l'aversion au risque. D'une part, le contexte macroéconomique s'est assombri. D'autre part, les flux se sont réorientés vers des actifs jugés plus défensifs comme en témoignent les sorties observées sur les ETF Bitcoin. À cela s'ajoutent des liquidations en chaîne sur les positions cryptos à effet de levier, qui amplifient mécaniquement les mouvements baissiers.

L'absence de catalyseurs haussiers crédibles a également pesé sur le sentiment de marché. Dans ce contexte, le Bitcoin a rapidement rejoint la zone des 60 000 $ début février 2026. Le conflit en Iran a ensuite renforcé certaines dynamiques déjà à l'œuvre, notamment via son impact sur les anticipations de politique monétaire, l'évolution du dollar américain et les besoins de liquidité des investisseurs.

Néanmoins, contrairement à ce que l'on aurait pu anticiper pour un actif réputé si volatil, la réaction du Bitcoin au conflit est restée relativement contenue comparativement aux phases de stress observées en début d'année (ou à d'autres actifs comme les indices boursiers américains, européens, japonais ou sud-coréens depuis le début du conflit en Iran).

La correction du Bitcoin est-elle terminée ?

À ce stade, il est impossible d'affirmer que la correction du BTC est terminée. La persistance des tensions géopolitiques et l'incertitude macroéconomique continuent d'alimenter un environnement défavorable aux actifs risqués. Le Bitcoin reste donc dépendant de l'évolution du sentiment global et des conditions de liquidité.

Sur le plan technique, plusieurs niveaux se dégagent néanmoins. Depuis son point bas autour de 60 000 $, la crypto BTC évolue dans une sorte de range entre 65 000 $ et 72 000 $. Le support des 65 000 $ apparaît comme une zone clé à court terme, testée à plusieurs reprises ces dernières semaines. Une cassure franche de ce niveau pourrait ouvrir la voie à une nouvelle phase de baisse. En dessous, le prochain seuil technique significatif se situe autour de 50 000 $, niveau psychologique et ancien point de congestion de marché.

À la hausse, la première résistance importante se situe autour de 72 500 $. Un franchissement durable de ce seuil serait nécessaire pour envisager une reprise plus durable. Au-delà, les zones des 80 000 $, puis des 86 500 $, constituent des niveaux intermédiaires susceptibles de freiner la progression des prix du Bitcoin. Un élément fondamental reste déterminant pour une potentielle hausse durable : les entrées de capitaux institutionnels.

Faut-il investir dans le Bitcoin dans le contexte de crise actuel ?

Le statut du Bitcoin est souvent au cœur des discussions dans un contexte de crise. Souvent présenté comme une alternative à l'or, il ne se comporte pourtant pas comme une valeur refuge dans les phases de stress. Historiquement, le Bitcoin présente davantage les caractéristiques d'un actif à fort bêta, fortement corrélé aux conditions de liquidité et à l'appétit pour le risque.

Faut-il pour autant s'en détourner totalement aujourd'hui ? Pas forcément. D'un point de vue strictement mathématique, une correction de 45 % rend le point d'entrée plus attractif qu'au sommet de cycle. Toutefois, cela ne signifie pas qu'il s'agit du timing optimal, ni que le marché a atteint un point bas.

La trajectoire future du Bitcoin dépendra d'un ensemble de variables interdépendantes, notamment l'évolution du contexte macroéconomique, l'orientation des politiques monétaires, le comportement des investisseurs institutionnels, ainsi que la dynamique propre au marché des crypto-actifs. Dans un environnement aussi incertain, toute décision d'investissement dans la crypto doit donc intégrer un degré élevé de volatilité et de risque.

C'est précisément dans ce type de configuration que des approches d'investissement automatiques prennent tout leur sens comme la stratégie de Dollar Cost Averaging (DCA). Cette dernière permet de lisser le prix d'entrée, tout en acquérant davantage d'unités à mesure que les prix baissent. Cette approche de plan d'investissement permet aussi de neutraliser les biais émotionnels, notamment la peur de manquer une hausse et la panique en phase de baisse.