Faut-il encore craindre l’explosion de la bulle autour de l'IA ?
information fournie par Le Cercle des économistes 01/06/2026 à 08:08

L'IA développe une course mondiale à la recherche, aujourd'hui manifestée par les meilleures puces, en attendant que l'on trouve de nouveaux moyens d'action. (Crédit : Adobe Stock)

A la question posée le jour de l'ouverture du sommet Choose France, à Versailles, qui va voir se multiplier les annonces d'investissements dans l'IA, oui, il faut encore craindre l'explosion d'une bulle autour de l'Intelligence Artificielle. Car il faut prendre la mesure de la révolution en cours.

Toutes les activités, de chaque entreprise ou chaque individu, surtout jeune, seront chamboulés, et en quelques années dans le monde entier. La course est lancée, que l'on peut appeler NVIDIA : il s'agit d'avoir la plus haute valeur ajoutée possible pour, ensuite, l'utiliser «en descente» puis «latéralement» à gauche et à droite. C'est en cela que la révolution de l'IA est très particulière.

Gagner en valeur ajoutée

D'abord, il faut gagner en valeur ajoutée, et la marge brute des leaders «en haut» est de l'ordre de 50% (voir Mistral). Avec cette somme, il s'agit d'entraîner les modèles de sorte qu'ils soient à la fois plus rapides et surtout plus efficaces. C'est ainsi que l'on peut comprendre que ChatGPT a vu éclore ses successeurs et concurrents, plus de dix, comme Anthropic ou, plus petit, Mistral en France. Parce que les utilisateurs trouvent que les versions offertes sont meilleures, plus éthiques, mieux connectées… de mois en mois.

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Entraîner les modèles consiste à savoir comment ils peuvent intégrer au mieux les informations qui leur sont déversées, ce qui implique d'obtenir, de classer en les vérifiant les données obtenues, qu'il s'agisse de médecine, d'écoles, d'entreprises… A chaque fois, la nouvelle version s'impose et annule les précédentes, payante, permettant d'obtenir de meilleurs résultats, autrement dit une meilleure productivité et plus de profit pour son promoteur.

Course mondiale à la recherche

La productivité accrue est la recherche de l'investissement supérieur, en quantité et qualité, qui légitime les dépenses, les risques pris, autrement dit… éviter le piège de la bulle. Il ne s'agit pas, avec l'IA, d'acheter pour vendre plus cher au plus vite, mais de trouver l'application qui permettra au mieux de convertir les entreprises et les ménages « latéralement ».

C'est en effet le secret de la logique de l'IA : une très forte valeur ajoutée en amont, qui permet ensuite de descendre et de « convertir ». C'est en cela que l'IA est une révolution si singulière, comme en son temps celle de l'électricité. Bien sûr on peut toujours s'inquiéter de ses effets pervers, qu'il s'agisse des emplois menacés ou supprimés, des livres qui ne seront plus publiés, des copies qui naîtront partout… mais on peut répondre que d'autres emplois vont être créés, que la productivité en hausse va partout étendre ses bienfaits et que les copistes (jeunes ou vieux) ne sont pas une création récente.

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Plus encore, l'IA développe une course mondiale à la recherche, aujourd'hui manifestée par les meilleures puces, en attendant que l'on trouve de nouveaux moyens d'action. La puce Nvidia et les autres sont un moment de la révolution actuelle, avec des valorisations boursières qui montrent bien qu'une histoire nouvelle est en train de s'écrire : plus de 5 000 milliards de dollars de capitalisation pour Nvidia, avec un multiple de bénéfice qui dépasse 30, sans oublier la progression d'Anthropic. Comme dans les ruées vers l'or, ce sont les vendeurs de pelles et de pioches qui sont les plus sûrs de gagner !

L'histoire n'est pas finie

On peut toujours dire qu'il s'agit d'une bulle, tant ces chiffres sont sans exemple. Mais l'histoire n'est pas finie. Les économistes ont coutume de dire que la preuve d'une bulle est qu'elle explose, avec son cortège de pertes et de drames sociaux. Pour le moment, l'évolution des cours boursiers pourrait surtout porter atteinte aux rêves de certains, mais les risques de crédit sont encore limités, étant entendu que les financements ne sont pas bancaires. Ils s'effectuent, aux Etats-Unis, par l'entremise de crédits privés.

Le risque est donc, aujourd'hui, que des désillusions conduiraient à des pertes dans ce domaine, sans effet en chaîne comme dans le cas des subprimes. Mais l'administration Trump pousse à la hausse des cours, au développement des crédits privés, sans trop s'inquiéter des risques pris. Pour elle, il s'agit du capitalisme et de ses lois.

En Europe, la régulation bancaire et financière nous éloigne (pour ne pas dire nous protège) de cette dérive. Le prix à payer est une Bourse moins flambante, des valeurs boursières plus faibles et donc des risques de rachats de nos licornes. En même temps, la productivité croît ici plus lentement, ce qui alimente les discours d'appauvrissement ou de déclin. On ne peut avoir les bienfaits des risques sans vouloir les prendre.