Faure (PS): pour "interrompre les manifestations", il "suffit de répondre aux revendications"
information fournie par AFP 25/10/2026 à 14:11

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, lors de la manifestation à Orléans contre le Rassemblement national, le 24 octobre 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a déploré dimanche un mouvement lycéen et contre la vie chère "depuis un mois laissé face à lui-même" par l'exécutif, alors que selon lui, pour que "les manifestations s'interrompent, il suffit de répondre aux revendications".

A la veille de la convocation par Matignon des organisations lycéennes, étudiantes, enseignantes, syndicales, territoriales et parlementaires, le député a dénoncé sur le plateau du Grand Jury (RTL-Public Sénat-Ouest-France-M6) un pouvoir macroniste qui "depuis 10 ans n'écoute personne".

"De quoi nous parlent-ils ? Ils nous parlent exclusivement de sécurité, comme si le sujet était exclusivement sécuritaire", a-t-il expliqué, à propos d'une réunion jeudi dernier entre le Premier ministre Sébastien Lecornu et les représentants des partis politiques. "Non, le sujet, il est d'abord au départ un sujet social et un sujet politique auquel il faut apporter une réponse et sociale et politique".

Pour Olivier Faure, la succession des manifestations "auxquelles personne n'entend répondre, qui (sont) depuis un mois laissées face à (elles)-même(s)", provoque une "radicalisation" des revendications et des modes d'actions.

Il a notamment critiqué le fait qu'Emmanuel Macron ait "attendu vendredi pour recevoir enfin les lycéens" et les ai "reçus pour ne rien leur dire". "Et c'est vraiment lundi que le Premier ministre va les recevoir à son tour : mais il aurait pu les recevoir avant la manifestation" du 17 octobre, s'est-il agacé.

Interrogé sur les accusations portées par le centre, la droite et l'extrême droite contre la France insoumise d'attiser le mouvement, Olivier Faure a estimé qu'il s'agissait d'"un adversaire commode, un épouvantail".

"Vous pouvez supprimer la France insoumise, vous pouvez l'interdire, mais ça n'empêchera pas les lycéens d'être dans la rue", a-t-il observé, rappelant que la jeunesse de plusieurs pays européen "se soulève partout". "Je ne crois pas que la France insoumise ait ce pouvoir incroyable de lever des masses partout en Europe!", a-t-il ironisé.

Il a mis en garde contre la tendance du moment d'interdire les manifestations pour éviter le pouvoir de nuisance des groupes de casseurs. "Si on interdit de manifester, nous ne sommes plus en démocratie", a-t-il soufflé.

"Si désormais on avait un pouvoir autoritaire, comme c'est le cas dans un certain nombre de pays en Europe, et qu'au prétexte qu'il y a un risque, on interdise les manifestations, on entre dans une démocratie dite illibérale", a rappelé le responsable socialiste.