Exxon et Chevron pénalisés par le raffinage et la pétrochimie
information fournie par Reuters 26/04/2019 à 18:55

 (Actualisé avec détails, cours de Bourse)
    HOUSTON, 26 avril (Reuters) - ExxonMobil  XOM.N  et Chevron
 CVX.N  ont annoncé vendredi des bénéfices trimestriels en
baisse en raison d'un tassement d'activité dans le raffinage,
d'une réduction des marges dans la pétrochimie et du recul des
prix du pétrole et du gaz naturel.
    Les deux plus grandes compagnies pétrolières américaines ont
fait état d’une augmentation de leur production mais d'une
réduction des marges dans leurs activités de raffinage et de
produits chimiques. Exxon a même subi sa première perte dans son
activité de raffinage depuis 2009.
    Premier producteur américain de pétrole, Exxon a fait état
d'une chute de 49% de son bénéfice au premier trimestre. 
    "Le contexte de marché a été difficile pour nous ce
trimestre", a résumé Jack Williams, Senior Vice President
d'Exxon, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes.
    En Bourse à New York, le titre Exxon perdait 2,7% en fin de
matinée. Chevron cédait 1,67%.
    Wall Street a les yeux rivés sur Chevron et la bataille
qu'il livre à son petit concurrent Occidental Petroleum  OXY.N 
pour racheter Anadarko Petroleum  APC.N . Occidental a fait
cette semaine une offre à 38 milliards de dollars qui surpasse
les 33 milliards proposés par Chevron.
    Michael Wirth, PDG de Chevron, a déclaré vendredi que le
groupe se considérait en bonne voie pour conclure un accord avec
Anadarko. "Nous avons une longue tradition d'intégration réussie
des entreprises et avons souvent dépassé nos objectifs de
synergies", a-t-il dit aux analystes lors d'une conférence
téléphonique.
    "Nous ne serions pas surpris de voir Chevron augmenter son
offre", ont estimé dans une note de recherche les analystes
d'Edward Jones, ajoutant que l'offre de Chevron serait "celle
qui sera retenue à la fin".
    
    PRODUCTION AMÉRICAINE À UN RECORD
    La bataille pour la prise de contrôle d’Anadarko a incité
les analystes à interroger Exxon sur les fusions et acquisitions
dans le bassin permien, dans l'ouest du Texas et au
Nouveau-Mexique, où un boom des forages a conduit la production
pétrolière américaine à un record historique de 12 millions de
barils par jour.
    "Je serais surpris si, au fil du temps, nous n'obtenions pas
plus de superficies dans le Permien", a répondu Jack Williams
aux questions d'un analyste sur d'éventuelles acquisitions, tout
en ajoutant qu'Exxon "n'en a pas besoin".
    La production croissante d'Exxon dans le bassin permien a
été une réussite, atteignant 226.000 barils d'équivalent pétrole
par jour (bep/j) au premier trimestre. Exxon a déclaré qu'il
restait bien placé pour produire 1 million de bep/j d'ici 2024
et qu'il utiliserait la moitié de ses stocks existants d'ici là.
    Exxon continue d'investir massivement pour accroître sa
production de pétrole et de gaz. Son directeur général Darren
Woods a estimé que le groupe avait une occasion d'investir étant
donné que ses concurrents se concentrent davantage sur
l'amélioration de leur trésorerie et les rachats d'actions.
    Au premier trimestre, le bénéfice d'Exxon est tombé à 2,35
milliards de dollars (2,11 milliards d'euros), ou 55 cents par
action, contre 4,65 milliards (1,09 dollar) un an plus tôt. Les
analystes attendaient en moyenne 0,70 dollar, selon des données
Refinitiv.
    La production de pétrole et de gaz d'Exxon a augmenté de 2%
à 4 millions de barils par jour, contre 3,9 millions un an plus
tôt.
    Du côté de Chevron, la production de pétrole et de gaz a
atteint 3,04 milliards de barils par jour, contre 2,85 milliards
un an plus tôt. Le bénéfice tiré des activités d'exploration aux
Etats-Unis ont bondi de 15% par rapport au premier trimestre de
l'année précédente. 
    La faiblesse des marges à l'international a toutefois
lourdement pesé sur le bénéfice net trimestriel de Chevron, qui
a chuté de 27% à 2,65 milliards de dollars, ou 1,39 dollar par
action, contre 3,64 milliards (1,90 dollar) un an plus tôt. Le
consensus de Wall Street était cependant de 1,30 dollar par
action.

 (Jennifer Hiller, Dominique Rodriguez pour le service français,
édité par Benoît Van Overstraeten)