EXCLUSIF-La Syrie disposée à réduire ses importations de pétrole russe - sources
information fournie par Reuters 04/08/2026 à 16:22

par Maya Gebeily, Feras Dalatey et Gram Slattery

La Syrie a accepté de réduire considérablement ses importations de pétrole russe dans le cadre des négociations avec les États-Unis en vue de son retrait de la liste noire des Etats soutenant le terrorisme, ont déclaré à Reuters trois sources au fait des discussions.

Une telle mesure constituerait un changement majeur dans la politique énergétique de Damas, fortement dépendant du pétrole russe, et pose la question de savoir quelle alternative s'offrirait au régime syrien.

De hauts responsables syriens ont fait savoir à la partie américaine qu’ils étaient disposés à réduire les importations de pétrole russe alors qu'ils négociaient la radiation de leur pays de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme ("State Sponsors of Terrorism", SST), selon une source syrienne ayant une connaissance directe de ces discussions, un responsable américain et une autre source informée du dossier.

Le 8 juillet, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a informé le Congrès de la volonté de Donald Trump de retirer la Syrie de la liste SST, où elle figurait depuis 1979.

En vue de la radiation de la Syrie, une procédure d'examen parlementaire a été ouverte pour une durée de 45 jours.

Ni les ministères syriens de l’Information et des Affaires étrangères, ni les ministères russes des Affaires étrangères et de l’Énergie n’avaient répondu dans l'immédiat aux questions de Reuters.

En réponse aux questions adressées à la Maison blanche, un responsable de l'administration a déclaré qu’il n’y avait aucun lien entre la levée de la désignation historique de la Syrie et une réduction des importations de pétrole russe. Il ne s'agit en rien d'une pré-condition, souligne-t-il.

Au cours des discussions, Washington a demandé et obtenu de la Syrie l’engagement de réduire drastiquement ses importations de pétrole russe, indique néanmoins l'une des sources informées.

Selon la source syrienne, les responsables américains avaient indiqué à leurs homologues de Damas que la fin des achats de pétrole russe "augmenterait les chances de lever la désignation SST rapidement et sans complications".

La Syrie a répondu que la levée de cette désignation permettrait à Damas de mettre en place un réseau d’approvisionnement énergétique diversifié, a précisé la source.

"Aujourd’hui, la Syrie dépend du pétrole russe par nécessité, et non par choix. Les responsables syriens répondent souvent (aux États-Unis): 'Levez la désignation SST et nous achèterons du pétrole ailleurs. Nous n’avons tout simplement pas d’alternatives pour le moment' ", a expliqué la source syrienne.

Aucune des sources n’a donné de détails sur le calendrier de cette mesure de réduction ni sur d’éventuelles sources alternatives de pétrole brut.

Un responsable syrien du secteur de l’énergie a déclaré à Reuters que Damas était déjà à la recherche de nouveaux fournisseurs et qu’un "changement radical" était attendu.

La Syrie est l’un des quatre pays figurant sur la liste SST de Washington, aux côtés de Cuba, de l’Iran et de la Corée du Nord.

(Rédigé par Maya Gebeily, Gram Slattery et Feras Dalatey; Version française Matthieu Huchet, édité par Sophie Louet)