Euphorie en vue à Wall Street, l'Europe s'enthousiasme aussi après l'accord américano-iranien information fournie par Reuters 08/04/2026 à 13:47
par Claude Chendjou
Wall Street est attendue en vive hausse mercredi à l'ouverture et les Bourses européennes sont également nettement dans le vert à la mi-séance, les investisseurs saluant les annonces d'un cessez-le-feu temporaire entre les Etats-Unis et l'Iran, ainsi que la réouverture du détroit d'Ormuz, ce qui provoque une chute de plus de 15% des cours du pétrole.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de 2,64% pour le Dow Jones, de 2,68% pour le Standard & Poor's 500 et de 3,43% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 gagne 4,70% à 8.280,41 points vers 11h25 GMT. À Francfort, le Dax avance de 4,98% et à Londres, le FTSE prend 2,95%, la baisse du pétrole limitant ses gains.
L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 progresse de 4,14% et l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 5,22%. Le Stoxx 600 bondit de 4,24%, se dirigeant vers sa meilleure performance quotidienne depuis un an, tous ses grands secteurs étant en vert, à l'exception de celui du pétrole et du gaz.
Le président américain Donald Trump a accepté de suspendre la "puissance destructrice" qu'il entendait déployer contre l'Iran dans la nuit de mardi à mercredi, annonçant un cessez-le-feu de deux semaines avec Téhéran sous condition d'une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz. L'Iran de son côté a fait savoir qu'il cesserait son offensive si les attaques à son encontre sont effectivement suspendues.
Malgré la fragilité de cet accord, qui reste provisoire et est intervenue moins de deux heures avant la date limite fixée par Donald Trump, les marchés financiers partout dans le monde se montrent euphoriques, les places financières en Asie ayant grimpé de 4% à 5%, tandis que les Bourses de la région du Golfe ont pris jusqu'à 8,5%.
Le soulagement se lit également sur tous les grands actifs financiers avec un important reflux de l'indice de la volatilité à Wall Street (-20% à 20,41 points) et sur l'EuroStoxx 50 (-21,97% à 24,66 points), une forte chute des rendements obligataires souverains longs et courts en Europe et aux Etats-Unis, un décrochage de près de 1% du dollar et un redressement du bitcoin.
"Pour durer, ce rallye devra être soutenu par des progrès tangibles dans les négociations. La question sous-jacente de savoir si l'Iran rouvrira définitivement le détroit d'Ormuz et si un accord durable peut être conclu est encore loin d'être résolue", prévient Josh Gilbert, analyste marchés chez eToro.
"Si les deux semaines passent sans qu'un accord ne soit conclu, il faut s'attendre à un renversement brutal et implacable de ce rallye", a-t-il ajouté.
En attendant, les secteurs en Europe exposés au pétrole, aux craintes d'une résurgence de l'inflation et à une possible dégradation de l'économie en profitent: le compartiment du transport et des loisirs en Europe avance de 7,40%, celui de l'industrie de 6,23% et celui de la banque de 6,51%. A l'opposé, le secteur de l'énergie cède 2,79% avec la chute des cours du brut.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Les géants pétroliers Exxon Mobil et Chevron perdent respectivement en avant-Bourse 6,3% et 4,6% avec la reflux des cours du brut.
Levi Strauss & Co grimpe de 9% en avant-Bourse, le fabricant de jeans ayant relevé sa prévision annuelle de chiffre d'affaires et de bénéfice.
VALEURS EN EUROPE
Rémy Cointreau grimpe de 5,56% après avoir annoncé le lancement d'un programme de transformation visant à réduire sa dépendance aux cycles macroéconomiques.
Eramet bondit de 6,57%, le groupe minier assurant conserver le soutien de ses principaux investisseurs alors que la famille Duval, son principal actionnaire, a fait appel à des banquiers en vue de la cession de sa participation de 37%, selon le Financial Times. Le secteur des ressources de base est par ailleurs bien orienté, avec un gain de 6,26%.
Emeis, anciennement Orpea, gagne 6,25%, après avoir dit anticiper une croissance de son Ebitdar supérieure à 10% à périmètre constant pour cette année.
Spie bondit de 6,11%, profitant du relèvement de la recommandation de Morgan Stanley à "surpondérer".
Ailleurs en Europe, Reckitt Benckiser progresse de 3,76% en réaction à une information de la Lettre selon laquelle Danone est intéressé par la division lait infantile Mead Johnson du fabricant britannique de biens de consommation.
Shell chute de 5,42% alors que le groupe a revu à la baisse sa prévision de production de gaz pour le premier trimestre en raison de l'impact du conflit au Moyen-Orient sur les volumes au Qatar.
TAUX
Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, plonge de 16,3 points de base (pb), à 2,92%, tandis que le deux ans, encore plus sensible aux anticipations sur les taux d'intérêt, dévisse de 23,1 pb, à 2,49%.
Celui du Gilt britannique à 10 ans recule de 19,8 points de base, à 4,715%, tandis que l'échéance à deux ans cède 23,5 pb, à 2,69%.
Le rendement des Treasuries à dix ans abandonne 10,1 points de base, à 4,23%, et le deux ans 10 pb, à 3,73%.
L'accord de cessez-le-feu de deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran a entraîné une chute brutale des prix de l'énergie et incité les opérateurs à revoir à la baisse leurs prévisions concernant les hausses futures des taux directeurs des banques centrales.
CHANGES
Le dollar, actif refuge, se déprécie logiquement, cédant 1,03% face à un panier de devises internationales pour tomber à son plus bas niveau en un mois, en réaction à l'accord de cessez-le-feu.
L'euro grimpe de 0,87%, à 1,1695 dollar, au plus haut depuis début mars, tandis que la livre sterling gagne 1,22%, à 1,3452 dollar.
Le bitcoin prend 3,39%, à 71.651,35 dollars, après avoir touché en séance un pic d'environ trois semaines.
PÉTROLE
Les cours pétroliers sont tombés mercredi sous la barre symbolique des 100 dollars le baril après que l'annonce par le président américain d'un cessez-le-feu de deux semaines avec Iran, sous réserve de la réouverture immédiate et sécurisée du détroit d'Ormuz.
Le Brent chute de 13,94% à 94,07 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) plonge de 15,92% à 94,96 dollars.
La guerre israélo-américaine contre l'Iran a provoqué la plus forte hausse mensuelle des prix du pétrole de l'histoire, avec une augmentation de plus de 50%.
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(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)