Etats-Unis : une inflation à 5% avant un retour à l'objectif de 2% ?
information fournie par Zonebourse 14/10/2026 à 21:43

Aux Etats-Unis, la perspective d'un retour rapide de l'inflation vers 2% paraît de plus en plus illusoire. En septembre, les prix à la consommation ont surpris le consensus à la hausse, progressant de 0,65% sur un mois et de 3,7% sur un an, tandis que l'inflation sous-jacente a augmenté de 0,34%, contre 0,22% attendu. Certes, l'énergie explique une grande partie de l'accélération globale, mais les tensions inflationnistes semblent également se généraliser au reste de l'économie, avec plus de la moitié des sous-composantes de l'IPC affichant une hausse supérieure à 3% sur un an.

Le logement, longtemps présenté comme le principal moteur de la désinflation, constitue un premier motif d'inquiétude. Les loyers des résidences principales ont augmenté de 0,25% sur le mois et les loyers imputés aux propriétaires de 0,35%, suggérant que la faiblesse d'août était davantage une anomalie qu'une nouvelle tendance. Les services sous-jacents progressent encore de 3,15% sur un an, soit 45 points de base au-dessus de leur moyenne de 2,7% entre 2000 et 2020.

La situation des biens n'est guère plus rassurante. Leur inflation sous-jacente reste positive, à 0,74% sur un an, alors qu'elle était en moyenne quasiment nulle entre 2000 et 2020, notamment grâce aux forces désinflationnistes de la mondialisation. Mais entre droits de douane, relocalisations industrielles et démondialisation, les conditions qui avaient permis de contenir durablement les prix des marchandises sont désormais compromises.

Et la situation n'a guère de chances de s'améliorer à court terme, même en cas de réouverture du détroit d'Ormuz. L'inflation mesurée par l'IPC pourrait fortement accélérer en octobre et novembre en raison des effets de base liés aux anomalies statistiques héritées du shutdown de 2025, qui avait empêché la collecte des prix en octobre et imposé des méthodes d'imputation inhabituelles pour calculer les indices de novembre.

Plus important encore, les prix du commerce extérieur laissent présager une inflation supérieure à 5% pour l'IPC et à 4% pour le PCE. En août, les prix à l'importation ont bondi de 7% sur un an et ceux à l'exportation de 8,6%. Un simple modèle statistique fondé sur la moyenne de ces deux indices, qui présente historiquement une avance de quatre à cinq mois sur l'IPC avec un pouvoir explicatif proche de 66%, suggère une inflation mesurée par l'IPC comprise entre 5,1 et 5,4% début 2027.

Si cette extrapolation doit naturellement être considérée avec prudence, elle suggère néanmoins que les risques inflationnistes restent particulièrement orientés à la hausse au cours des prochains mois. De quoi compliquer sérieusement la tâche de la Fed, qui risque de devoir maintenir une politique monétaire restrictive bien plus longtemps qu'elle ne l'anticipe elle-même et que ne l'espèrent les marchés, surtout si le marché pétrolier reste fortement perturbé.