Et si cette fois c'était la bonne ?
information fournie par Zonebourse 12/06/2026 à 17:52

C'est la question que se posent encore une fois les investisseurs en ce qui concerne l'accord de paix tant attendu et espéré entre les Etats-Unis et l'Iran. Les dernières informations disponibles plaident en tout cas pour des avancées, mais ce scénario, les investisseurs l'ont déjà connu plusieurs fois. Quoiqu'il en soit, les places européennes ont terminé la séance sur de belles hausses.

A la clôture, le CAC 40 s'adjugeait 1,83%, à 8 350,87points, sa première fin de séance au-dessus des 8 300 points depuis le 20 avril dernier. Sur l'ensemble de la semaine, l'indice parisien a progressé de 1,61%, sa quatrième progression hebdomadaire consécutive, une performance inédite depuis la mi-avril, au moment où une réouverture du détroit d'Ormuz était espérée.

Les autres places européennes ont déroulé la même tendance, le DAX 40 à Francfort s'est apprécié de 1,66%, le FTSE 100 à Londres a gagné 1,52% et l'indice pan-européen Euro Stoxx 50 a progressé de 2,01%.

Hier soir, Donald Trump a évoqué une poursuite des négociations avec la République islamique et a, en conséquence, décidé d'annuler les frappes et bombardements prévus hier soir. Il a également ajouté "les discussions et les points finaux ont été approuvés, tant sur le principe que dans les moindres détails, par toutes les parties impliquées, y compris les Etats-Unis, Israël, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar, la Turquie, le Pakistan, Bahreïn, le Koweït, la Jordanie, l'Egypte et d'autres encore. Le blocus naval restera pleinement en vigueur jusqu'à la finalisation de cette transaction - la date et le lieu de la signature seront annoncés prochainement".

De son côté, Téhéran a indiqué, via le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, que "le document est en cours de finalisation dans sa plus grande partie". Il y'a quelques jours, les responsables politiques iraniens rappelaient "la priorité accordée à la diplomatie, plutôt qu'à la confrontation militaire".

Les investisseurs ont salué ces déclarations, et leur soulagement s'est également ressenti du côté des matières premières. Les cours du pétrole sont en baisse, -1,82% pour le WTI à New York qui coûte 84,46 dollars et -2,31% pour le Brent de la mer du Nord à Londres, à 87,10 dollars. Le prix de l'or noir est au plus bas depuis la mi-avril pour le WTI et au plus bas depuis le 5 mars pour le Brent, soit quelques jours après le début des hostilités au Moyen-Orient.

Sur le marché des devises, au moment de la clôture en Europe, l'euro est quasi-stable face au billet vert et s'échangeait contre 1,1578 dollar.

Du côte de la macro-économie

Au chapitre des statistiques, en France, l'inflation a progressé de 0,1% en mai, comme prévu, portant la hausse en rythme annuel à 2,4%, là aussi conformément aux attentes, marquant une accélération par rapport à avril ( 2,2%).

En Allemagne, sur la même période, l'indice des prix à la consommation a reculé de 0,2%, conformément aux attentes, après une hausse de 0,6% en avril. En rythme annuel, l'inflation a ralenti avec un taux de 2,6%, contre 2,9% un mois plus tôt.

Les investisseurs ont également pris connaissance aux Etats-Unis de l'indice de confiance des consommateurs calculé par l'Université du Michigan. Il est passé de 44,8 en mai à 48,9 points en juin, contre des attentes à 46,1 points, un niveau inédit depuis avril dernier.

Il faut également retenir de cette semaine boursière, la décision, sans surprise, de la Banque centrale européenne de relever ses principaux taux directeurs d'un quart de point. Lors de son point presse, Christine Lagarde a précisé hier que le Conseil des gouverneurs continuera de suivre "une approche dépendante des données et réunion par réunion", ce qui suggère que le Conseil ne s'est pas engagé à suivre une trajectoire particulière.

Les valeurs en mouvement

La journée a bien évidemment été marquée par l'introduction en Bourse de SpaceX aux Etats-Unis. Pour Moritz Henkel, product manager chez VanEck : "l'IPO de SpaceX se distingue par son ampleur exceptionnelle : une valorisation cible de 1 750 milliards de dollars et une levée de fonds potentielle de 75 milliards, ce qui en fait la plus importante de l'histoire. Pourtant, sa caractéristique la plus inhabituelle pourrait bien être son faible flottant initial, un trait si impactant qu'il a déjà poussé les fournisseurs d'indices à modifier leurs règles, en introduisant des mécanismes d'entrée accélérée et en assouplissant les minimums de flottant pour s'adapter à cette cotation".

En Europe, Euronext a procédé à sa traditionnelle revue trimestrielle et a décidé d'intégrer Abivax, Ipsen et Soitec au sein du CAC Next 20, à la place d'ADP, Gecina et Valeo. Deux entrées sont prévues au sein du SBF 120 : Maurel & Prom et Mersen, au détriment d'Elior Group et Nexity. Ces différents changements au sein des indices parisiens prendront effet le vendredi 19 juin, après la clôture des marchés. Aucune entrée ou sortie dans le CAC 40 n'est prévue.

Parmi les grosses variations du jour, Air France-KLM a bondi de 8,36%, avec l'espoir de voir la signature prochaine d'un accord de paix, ce qui permettrait aux cours de l'or noir de diminuer et soulagerait le portefeuille des compagnies aériennes grandes consommatrices de kérosène.

A l'inverse, les sociétés pétrolières ont été particulièrement délaissées à l'image de TotalEnergies qui a perdu 2,08%.

De son côté, Eramet a flambé de 11,01%, un consortium americano-émirati pourrait être intéressé par une prise de participation, en rachetant notamment la participation de la famille Duval, selon AlphaValue.

Enfin, Exail Technologies a chuté de 16,17%. Hier soir, le spécialiste français des drones maritimes et des systèmes de navigation a fait part d'un différend avec son partenaire financier ICG dans le cadre du refinancement du groupe. Si les analystes jugent l'épisode négatif à court terme, aucun ne remet en cause les perspectives opérationnelles du groupe.