Estée Lauder : HSBC relève sa cible à 110 dollars mais reste prudent information fournie par Zonebourse 06/11/2026 à 18:50
HSBC maintient sa recommandation à Conserver sur Estée Lauder et a relevé son objectif de cours de 95 à 110 dollars. "Le géant américain des cosmétiques a signé un solide 1er trimestre marqué par des résultats supérieurs aux attentes et un relèvement des objectifs annuels (beat-and-raise) tandis que les nouveaux objectifs de marge pour l'exercice 2030 laissent entrevoir un net potentiel de hausse par rapport au consensus", souligne la banque pour justifier sa décision.
Cependant, la banque se montre attentiste en raison du manque d'équilibre de la croissance : "la croissance du 1er trimestre est demeurée déséquilibrée.
Estée Lauder a enregistré au 1er trimestre de l'exercice 2027 une croissance organique de 6%, dépassant le consensus (4,4%) et s'alignant sur les estimations de HSBC (5,8%). La performance opérationnelle s'avère particulièrement robuste : le résultat opérationnel ressort à 449 MUSD (dépassant le consensus de 346 MUSD) et le bénéfice par action (BPA) atteint 0,72 USD (surpassant les attentes : 0,51 USD). Les marges brute et opérationnelle progressent respectivement de 240 et 480 points de base, soutenues par les investissements destinés aux consommateurs en progression de 8% sur un an.
Les parfums en vedette, le reste du portefeuille à la traîne
Cette dynamique financière favorable masque toutefois des disparités notables selon les divisions.
Malgré une solide activité sur ce 1er trimestre, HSBC signale "une croissance déséquilibrée selon les catégories : " Ces performances ont été tirées par une croissance organique exceptionnelle de 20% dans la division Parfums grâce à un calendrier dense en lancements de produits qui semble avoir porté ses fruits. Estée Lauder a affiché de bons résultats sur l'ensemble des gammes de prix. En revanche, les autres segments d'activité ont déçu : le maquillage et les soins capillaires enregistrent une croissance collective quasi nulle, restant tous deux en deçà des attentes du marché."
Cap sur 2030 : restructuration et objectifs de marge ambitieux
Face à ces défis opérationnels, la direction mise sur sa transformation interne pour redresser la barre.
La banque salue "l'avancement du plan de redressement de la rentabilité et de croissance (Profit Recovery & Growth Plan ou PRGP) du groupe américain." Environ deux ans après l'arrivée de Stéphane de La Faverie à la direction générale, la Journée Investisseurs d'Estée Lauder a permis de faire le point sur l'avancement de ce plan, tout en traçant la feuille de route du groupe jusqu'à la fin de la décennie. Les changements au sein de l'entreprise sont manifestes : restructuration de l'organisation, réduction des coûts, renouvellement significatif des équipes de direction et approche plus affûtée en matière d'innovation, de digital et d'acquisition client.
Outre les révisions à la hausse pour l'exercice 2027, Estée Lauder a dévoilé ses ambitions pour 2030. Le groupe table sur une marge comprise entre 16,5 et 18,5%, nettement supérieure aux prévisions du consensus, ainsi qu'une croissance régulière du BPA de l'ordre de 4 à 6%.
HSBC tempère toutefois cet enthousiasme : "Les dépenses consacrées au consommateur devraient rester globalement stables en pourcentage des ventes. On se demande si le groupe n'aurait pas pu se montrer plus offensif sur ce front pour accélérer sa dynamique de chiffre d'affaires, et plus prudent quant à ses objectifs de marge."
Une revalorisation boursière suspendue à un retour des volumes
Dès lors, un rebond durable de l'action passe nécessairement par une croissance mieux équilibrée.
Pour intégrer les nouveaux objectifs relevés par la direction, HSBC a rehaussé ses estimations de BPA de 4 à 14%. L'intermédiaire financier continue toutefois de penser qu'une revalorisation boursière durable nécessitera une croissance organique des ventes maintenue régulièrement autour de 6% ou plus. "Même si les résultats du 1er trimestre et la Journée Investisseurs sont encourageants, la dépendance à la performance exceptionnelle de la division Parfums montre qu'il reste du travail à accomplir sur les autres segments, au coeur de marchés dynamiques mais de plus en plus concurrentiels", précise HSBC.
"Avec nos nouvelles prévisions, l'action s'échange à 25 fois ses bénéfices attendus pour juin 2028. Ce niveau de valorisation salue les bons profits à venir, mais montre aussi que les investisseurs s'inquiètent de la faiblesse des ventes en dehors des parfums", conclut la banque.