EssilorLuxottica: le fils de l'ancien président quitte le géant des lunettes information fournie par Boursorama avec AFP 25/08/2026 à 13:09
Le fils du fondateur de Luxottica va quitter EssilorLuxottica, le numéro un mondial de l'optique né de la fusion entre Luxottica et Essilor, a confirmé mardi un porte-parole du groupe franco-italien, sur fond de tensions autour de la holding familiale.
Leonardo Maria del Vecchio, un des huit héritiers de Leonardo del Vecchio, décédé en 2022, va abandonner toutes ses fonctions chez EssilorLuxottica "afin de se consacrer à de nouveaux projets entrepreneuriaux", a indiqué un porte-parole à l'AFP.
Agé de 31 ans, Leonardo Maria Del Vecchio occupait le poste de directeur de la stratégie (Chief Strategy Officer) du groupe, qui a dégagé un bénéfice net de 2,3 milliards d'euros pour un chiffre d'affaires de 28,5 milliards en 2025.
Figure de la nouvelle génération du capitalisme italien, il présidait également Ray-Ban, marque emblématique du groupe, propriétaire notamment d'Oakley, Persol et Oliver Peoples, ainsi que détenteur de licences pour Giorgio Armani, Chanel ou Burberry.
La holding luxembourgeoise de la famille Del Vecchio, Delfin, est la première actionnaire du géant de l'optique surnommé "Essilux" avec environ 32,4% de son capital.
Delfin détient aussi des parts importantes au sein de la banque Monte dei Paschi, de l'assureur Generali ou du géant de l'immobilier Covivio, pour une valeur totale estimée à plus de 40 milliards d'euros.
Ces derniers mois, Leonardo Maria Del Vecchio avait cherché à devenir l'actionnaire dominant de Delfin en rachetant les participations de son frère Luca et de sa sœur Paola. L'opération aurait porté sa participation de 12,5 % à 37,5 % du capital de la holding, renforçant considérablement son influence sur l'empire bâti par son père.
"L'héritage arrive, les responsabilités se prennent", avait-il écrit sur Instagram début juillet. Mais son projet s'est heurté à l'opposition d'une partie des héritiers ainsi qu'à des réserves du conseil d'administration de Delfin.
En annonçant son départ d'Essilux, Leonardo Maria del Vecchio ("LMDV") a critiqué la gestion du groupe par Francesco Milleri, président du groupe mais aussi de la holding familiale, choisi par son père.
Dans une lettre à M. Milleri, publiée par le quotidien Milano Finanza, Leonardo Maria a dénoncé une gestion devenue "distante" et "impersonnelle".
Pour les analystes d'Equita, la sortie de M. del Vecchio "rétablit une pratique de séparation entre la propriété et la gestion" au sein d'EssilorLuxottica "qui paraît opportune à ce stade de tensions dans la gouvernance de Delfin".
"Un changement de leadership chez EssilorLuxottica serait en revanche, selon nous, négatif, car la stratégie du groupe a été élaborée et mise en œuvre de manière cohérente par Milleri au cours de ces dernières années", ajoute Equita.