EssilorLuxottica, avec les lunettes IA, vers l'infini et au-delà information fournie par Investir 20/02/2026 à 09:00
Le leader mondial de l'optique a, pour la première fois de son histoire, affiché un rythme de croissance à deux chiffres. Ses ventes ont crû en 2025 de 11,2 % à changes constants (+ 7,5 % en données publiées) à 28,5 milliards d'euros. Au quatrième trimestre, elles se sont envolées de 18,4% dopées par l'ascension des lunettes connectées. Plus de 7 millions de lunettes avec IA ont été vendues en 2025 sous les marques Ray-Ban et Oakley, ce qui représente, selon les analystes, de l'ordre de 2 milliards de revenus additionnels. Toutes les zones géographiques sont ressorties en grande forme, l'Europe, l'Asie-Pacifique et l'Amérique du Nord progressant d'au moins 10 %. En outre, «le mois de janvier 2026, le plus faible de l'année, a bien démarré avec une croissance de plus de 10 %», a confirmé la direction.
L'érosion de la marge opérationnelle, qui a perdu 100 points de base, à 15,7 % (16 % à changes constants), et l'abandon de l'objectif d'une rentabilité entre 19 % et 20 % à horizon 2026, remplacé par une perspective de «stabilisation de celle-ci autour de 16 % sur les cinq prochaines années accompagnée d'une solide croissance des revenus», n'ont pas ému le marché.
Objectifs actualisés
Cette baisse de la marge s'explique pour un tiers par l'impact défavorable des changes et des droits de douane, l'essentiel provenant de la dilution liée aux lunettes connectées. «Le coût de revient est plus élevé pour ces dernières que pour une monture traditionnelle en raison des composants technologiques intégrés. En outre, il y a un partage de la valeur avec Meta et il ne faut pas oublier les investissements consentis pour cette nouvelle catégorie. Les économies d'échelle liées à la montée en puissance des volumes qui pourraient doubler en 2026 devraient atténuer ces impacts défavorables», observe Cédric Rossi, analyste chez Stifel, qui précise que «grâce aux lunettes IA, le marché adressable d' EssilorLuxottica estimé à 150 milliards d'euros pourrait doubler avec l'ouverture de nouveaux champs des possibles dans l'oculomique». En effet, l'objectif à terme du géant de l'optique est de récupérer des données de santé grâce à ses lunettes avec IA, au travers de l'analyse de la rétine, véritable biomarqueur de nombreuses pathologies (Alzheimer, diabète, etc.), afin de jouer un rôle dans la prévention des maladies.
Le président, Francesco Milleri s'est montré très serein sur l'arrivée de la concurrence: «Bienvenue à la compétition. Nous avons une avance de deux ans sur les autres acteurs, et surtout, nous disposons d'une plateforme de distribution unique avec 18.000 magasins et une implantation auprès de 300.000 opticiens indépendants, difficilement reproductibles.»
Nous recommandons d'acheter la valeur. La baisse de 25 % du titre depuis son sommet de novembre 2025 constitue un bon point d'entrée. Le PER élevé de 36 fois pour 2026 est justifié par des perspectives de croissance exceptionnelles. Objectif: 340 €.
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