Episode caniculaire "inédit" en France, la température devrait encore monter
information fournie par AFP 26/05/2026 à 12:44

Une femme remplit un gobelet d'eau à une fontaine publique du quartier Montparnasse, le 25 mai 2026 alors que Météo-France a placé la capitale en alerte jaune face à une vague de chaleur exceptionnellement précoce ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Au lendemain d'une journée historiquement chaude, la vague de chaleur qui déferle sur la France va encore se renforcer mardi, avec un "épisode caniculaire" inédit pour un mois de mai dans l'ouest du pays qui selon le gouvernement aurait déjà causé sept morts, et des températures qui devraient encore grimper.

"A l'échelle de la France, lundi a été la journée la plus chaude enregistrée pour un mois de mai depuis le début des mesures", a écrit Météo-France dans son bulletin publié à 06H00.

L'indicateur thermique national, créé en 1947 et qui mesure la température moyenne, a atteint 24,6°C lundi, "un record pour mai", a précisé l'institut météorologique à l'AFP.

"Ce mardi après-midi, températures maximales de 33 à 36°C sur les départements en vigilance orange +canicule+. A l'échelle de la France, cette journée s'annonce encore plus chaude que celle de lundi", a aussi écrit Météo-France, alors que les épisodes caniculaires se multiplient et s'intensifient avec le réchauffement climatique.

Dans les rues de Rennes, où jusqu'à 35 degrés sont attendus dans l'après-midi, la chaleur bouleverse les habitudes.

"On donne deux, trois, quatre fois plus de verres d'eau que d'habitude", observe le gérant d'un bar du centre-ville de 27 ans qui a souhaité garder l'anonymat.

"Ce n'est pas adapté du tout, ni pour les patients ni pour nous", déplore Katou Blaise, 57 ans, aide-soignante aux urgences du CHU de Rennes, qui évoque un manque de moyens matériels.

- Déshydratation -

"On reçoit énormément de personnes âgées en déshydratation", souligne-t-elle.

Huit départements de l'ouest - le Finistère, le Morbihan, la Manche, l'Ille-et-Vilaine, le Maine-et-Loire, la Mayenne, la Vendée et la Loire-Atlantique - ont été placés en vigilance orange canicule à partir de minuit dans la nuit de lundi à mardi.

Un homme dans une rue de Rennes, le 25 mai 2026, alors que Météo-France a placé la région en alerte jaune face à une vague de chaleur précoce et inhabituelle pour la fin du mois de mai ( AFP / Sebastien Salom-Gomis )

C'est un cran de plus que le niveau jaune qui prévalait depuis le début de l'épisode de chaleurs qui traverse le pays depuis dimanche.

"Il y aurait sept décès liés directement ou indirectement à la chaleur", a déclaré Maud Bregeon sur TF1, rappelant que "tout ça méritera d'être précisé à la fin de l'épisode que l'on connaît aujourd'hui".

Le cabinet de la porte-parole a précisé à l'AFP que deux personnes s'étaient noyées en Gironde, une dans la Marne, une en Seine-et-Marne et une dans le Maine-et-Loire.

Deux autres personnes sont mortes lors d'une pratique sportive, l'une à Paris et l'autre dans la métropole de Lyon.

La canicule proprement dite pourra être décrétée si cette période de chaleur intense dure au moins trois jours et trois nuits consécutifs, pouvant constituer un risque sanitaire pour l'ensemble de la population exposée.

A partir de 12H00, le département de la Gironde est placé en vigilance jaune, comme 19 autres départements dans la moitié ouest du pays, Paris et la petite couronne, le Rhône et l'Isère.

Ce premier niveau d'alerte, déjà inédit en mai, devrait rester en vigueur jusqu'à mercredi.

- Réunion interministérielle jeudi -

Les températures se sont envolées pendant le week-end de la Pentecôte, en raison de la présence sur la France et de toute l'Europe de l'ouest d'un "dôme de chaleur", zone de haute pression qui bloque l'air chaud en provenance d'Afrique du Nord.

Principales causes de déshydratation ( AFP / Sabrina BLANCHARD )

"Plusieurs dizaines" de records de chaleur pour un mois de mai ont de nouveau été battus lundi, selon Météo-France, à Bergerac, Brest, Rennes, Nantes, Angers...

Pour faire face au changement climatique, la France s'est dotée d'une "trajectoire de référence": elle anticipe un réchauffement moyen de 2,7°C en 2050 et de 4°C en 2100, par rapport aux températures moyennes qui prévalaient avant la révolution industrielle.

Concrètement, cela signifie "jusqu'à deux mois de canicule et 40 à 50 nuits tropicales en ville dans le Nord (90 dans les zones les plus exposées dans le Sud) par an", selon le gouvernement.

L'Europe est par ailleurs le continent qui a connu le réchauffement le plus rapide depuis 1990, suivie de près par l'Asie, selon les données de l'Administration océanique et atmosphérique américaine (NOAA).

Le Premier ministre Sébastien Lecornu présidera jeudi une réunion interministérielle sur la canicule, "pour faire le point sur la préparation des services de l'Etat".

Le Premier ministre Sébastien Lecornu à la sortie de l'Elysée, le 20 mai 2026 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Cette vague de chaleur précoce devrait se doubler mardi d'un épisode de pollution à l'ozone dans plusieurs régions, a alerté mardi la plate-forme nationale de prévision de la qualité de l'air Prév'air, prévenant qu'un seuil pourrait être dépassé à partir duquel les autorités considèrent que la pollution peut commencer à avoir des effets sur la santé.