Éolien en mer : les États-Unis abandonnent deux nouveaux grands projets impliquant Engie information fournie par Boursorama avec Media Services 28/04/2026 à 10:57
Cette décision est une nouvelle illustration de la politique du gouvernement américain, ouvertement opposé au développement de nouvelles capacités éoliennes offshore aux États-Unis.
L'administration Trump poursuit son combat contre les énergies renouvelables, et a annoncé lundi 27 avril l'abandon de deux grands projets éoliens offshore, qui impliquaient notamment le Français Engie. Cette annonce du ministère américain de l'Intérieur intervient un mois après le retrait de TotalEnergies de deux contrats de fermes éoliennes. Au total, les quatre conventions devaient permettre d'alimenter quelque 3,6 millions de foyers en électricité.
La première décision communiquée lundi concerne Bluepoint Wind, prévu au large des côtes du New Jersey et New York pour assurer les besoins d'environ un million de foyers.
Le consortium formé autour de Bluepoint Wind est composé du Français Engie , du Portugais EDP Renewables et de la société d'investissement américaine Global Infrastructure Partners (GIP), filiale de BlackRock.
Le ministère a également fait état de la fin du programme Golden State Wind, au large des côtes californiennes, qui devait lui fournir environ 1,1 million de foyers en électricité. Engie et EDP Renewables étaient également impliqués dans ce consortium via leur société commune Ocean Winds, associée à la société d'investissement Reventus Power .
Cette décision est une nouvelle illustration de la politique du gouvernement américain, ouvertement opposé au développement de nouvelles capacités éoliennes offshore aux États-Unis. Il s'en prend particulièrement à l'éolien offshore, qui nécessite, le plus souvent, une autorisation fédérale.
Fin mars, TotalEnergies et l'administration Trump avaient déjà signé un accord consacrant la clôture de deux projets éoliens en mer, au large de New York et de la Caroline du Nord. Dans le cadre de sa transaction avec le gouvernement américain, TotalEnergies avait également accepté de basculer les 928 millions de dollars récupérés de ses deux champs éoliens vers des sites de GNL (gaz naturel liquéfié).
Réinvestissements dans les hydrocarbures
Les partenaires de Bluepoint Wind vont, eux aussi, être remboursés intégralement des sommes engagées dans le projet, soit 765 millions de dollars jusqu'ici. Parallèlement, GIP a promis aux autorités fédérales de réaliser des investissements allant jusqu'à 765 millions de dollars dans un terminal GNL (gaz naturel liquéfié).
Dans le cas de Golden State Wind, les sommes engagées atteignaient 120 millions de dollars et seront également restituées, sous réserve que les acteurs du projet s'engagent à financer pour un montant équivalent des infrastructures gazières et pétrolières aux États-Unis.
Sollicité par l' AFP , Engie a souligné que Bluepoint Wind et Golden State Wind étaient tous deux "à un stade précoce de développement" , avec livraison prévue en 2033 pour Bluepoint et durant les années 2030 pour Golden State. Via sa coentreprise Ocean Winds, Engie "reste pleinement engagé dans le développement de l'éolien en mer –principalement en Europe et en Asie-Pacifique".
Outre les quatre projets abandonnés, le président américain, climatosceptique et soutien du secteur pétrolier, a tenté de bloquer les cinq dossiers les plus avancés aux États-Unis, au nom de la sécurité nationale, en vain à ce stade. La justice fédérale a permis leur poursuite. Deux d'entre eux, au large du Rhode Island (Revolution Wind) et du Massachusetts (Vineyard Wind) ont pu être achevés et raccordés au réseau électrique. Lundi, les services de la gouverneure démocrate du Massachusetts Maura Healey ont annoncé avoir négocié avec Vineyard Wind un tarif qui doit faire économiser 1,4 milliard de dollars sur 20 ans aux clients de l'installation.
D'autres projets dans le viseur
Parmi les reproches adressés à l'éolien par Donald Trump, celui d'être "l'énergie la plus chère" et de "ne (fonctionner) qu'avec des subventions massives" , accusations reprises lundi par le ministre de l'Intérieur, Doug Burgum.
Plusieurs études ont néanmoins montré que l'énergie tirée du vent aux États-Unis coûtait, en moyenne, moins cher que plusieurs autres sources, notamment le charbon, hors aides publiques.
Quant à la question de l'impact comparé de chaque source d'énergie sur l'environnement, elle a été écartée par le gouvernement Trump.
"Le président Trump prive (les États-Unis) de sources d'énergie et fait monter les prix avec sa guerre contre l'Iran", a déclaré Maura Healey. "Nous devrions miser davantage sur l'éolien pour abaisser les coûts, créer des emplois et rendre notre pays plus indépendant sur le plan énergétique."
Les chantiers des trois autres projets se poursuivent, à savoir Sunrise Wind dans le Massachusetts, Empire Wind au large de New York et Coastal Virginia Offshore Wind en Virginie. Ce dernier a commencé à produire du courant en mars.