ENQUÊTE-Le S&P 500 atteindra 4.700 points d'ici fin 2024 - analystes
information fournie par Reuters 21/11/2023 à 16:24

Le S&P 500  .SPX 
devrait afficher un gain de seulement environ 3% à la fin de
2024 par rapport à son niveau actuel, selon une enquête de
Reuters, dans un contexte de marché qui pourrait inclure un
possible ralentissement de l'économie américaine, voire une
récession.
    La prévision médiane des 33 stratèges interrogés par Reuters
au cours des dix derniers jours est celle d'une hausse de
l'indice de référence S&P 500  .SPX  à 4.700 points fin 2024,
soit une progression de 3,4% par rapport au niveau atteint à la
clôture lundi (4.547,38 points).
    Neuf des 13 stratèges ayant accepté de répondre à une
question sur le sujet prévoient que les actions américaines
atteindront un niveau record au cours des six prochains mois, la
plupart d'entre eux estimant que cela se produirait début 2024.
    Wall Street a fortement progressé ces dernières semaines,
les investisseurs pariant que la Réserve fédérale en a fini avec
les hausses de taux et commencera à assouplir sa politique
monétaire en 2024.
    Les marchés ont salué le ralentissement de l'inflation,
confirmé par les données publiées la semaine dernière, et le S&P
500 est en hausse d'environ 18% depuis le début de l'année.
    Début novembre, la Fed a maintenu ses taux à leurs niveaux
actuels. Pour autant, le taux directeur de la banque centrale a
été réhaussé de 525 points de base depuis 2022 afin de ramener
l'inflation à sa cible.
    Un ralentissement de l'économie l'an prochain, voire une
récession, demeure donc la principale source d'incertitude.
    "Nous voyons l'économie s'affaiblir encore en 2024 ; à un
moment donné, le consommateur (dont la résistance a soutenu
l'activité aux Etats-Unis, NDLR) va céder", explique Paul
Christopher, responsable de la stratégie d'investissement pour
Wells Fargo Investment Institute (WFII).
    L'économiste ajoute toutefois que l'économie américaine
pourrait rapidement se reprendre au second semestre 2024. Le
WFII prévoit que le S&P 500 terminera 2024 à un niveau compris
entre 4.600 et 4.800 points.
    Selon l'outil Fedwatch  FEDWATCH , les investisseurs
estiment à plus de 50% la probabilité d'une baisse de taux d'au
moins 25 points de base d'ici mai.
    L'équipe économique de Goldman Sachs estime pour sa part que
la Fed ne réduira pas ses taux avant le quatrième trimestre
2024, une croissance économique plus forte que prévu permettant
d'éviter une récession.
    Les problèmes géopolitiques, et en particulier la guerre
entre Israël et les militants du Hamas à Gaza, constituent une
autre source de risque pour les marchés.
    Dix des 13 stratèges ayant répondu à une question sur les
perspectives de bénéfices des entreprises américaines
s'attendent à ce qu'ils progressent au cours des six prochains
mois.
    La croissance des bénéfices des sociétés du S&P 500 est
estimée à 2,3% en 2023, selon les données de LSEG.
Les analystes s'attendent à ce que les bénéfices augmentent de
11,2% en 2024 par rapport à l'année précédente.
    Mais la hausse des marchés actions a soutenu les
valorisations : le ratio cours-bénéfice à 12 mois de l'indice
S&P 500 atteint actuellement 19,1, contre 17 fin 2022 et une
moyenne à long terme d'environ 16, d'après LSEG.
    Pour certains stratégistes, le secteur de la technologie
 .SPLRCT , qui est le secteur le plus performant de l'indice et
progresse de 52% depuis le début de l'année, pourrait aussi être
performant en 2024.
    "La révolution technologique se poursuit", pour Tim
Ghriskey, stratégiste senior chez Ingalls & Snyder à New York.
    D'après l'enquête, l'indice Dow Jones Industrial Average
 .DJI  terminera 2024 à 38.000 points, soit une hausse d'environ
8% par rapport à son niveau de clôture de lundi. Jusqu'à
présent, le Dow Jones a progressé de 6% en 2023.

 (Reportage Caroline Valetkevitch, avec la contribution de Chuck
Mikolajczak, Sinead Carew et Stephen Culp à New York, enquête
réalisée par Pranoy Krishna, Rahul Trivedi et Sarupya Ganguly,
version française Corentin Chappron, édité par Kate Entringer)