ENQUETE-La Fed relèvera ses taux d'un quart de point en mai avant une pause
information fournie par Reuters 20/04/2023 à 12:52

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      Résultats de l'enquête sur l'économie: lien
    

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      Résultats de l'enquête sur les taux: lien
    

  
    par Prerana Bhat et Indradip Ghosh
       BANGALORE, 20 avril (Reuters) - La Réserve fédérale
américaine (Fed) procédera à une ultime hausse de ses taux
d'intérêt de 25 points de base en mai et les maintiendra à ce
niveau jusqu'à la fin de l'année, estiment les économistes
interrogés par Reuters, qui jugent par ailleurs probable une
récession courte et peu marquée de l'économie américaine en
2023. 
    Les craintes d'un ralentissement économique, également
soulignées par la Fed lors de sa réunion des 21 et 22 mars, et
les inquiétudes liées au stress bancaire ont conduit les marchés
à tabler sur une baisse des taux d'au moins 25 points de base
d'ici à la fin de l'année.
    Mais au regard d'une inflation encore largement supérieure à
l'objectif de 2% de la Fed, une baisse des taux semble moins
probable qu'une hausse. D'autant que le marché du travail reste
vigoureux et que les tensions sur les banques se sont grandement
apaisées ces dernières semaines. 
    Le rendement des bons du Trésor américain à deux ans
 US2YT=RR  a grimpé de près de 75 points de base au cours du
mois dernier sous l'effet de données macroéconomiques solides
qui ont douché la perspective d'une baisse du coût du crédit.  
    Dans la dernière enquête Reuters, près de 90% des
économistes sondés, soit 94 sur 105, s'attendent à ce que la
banque centrale américaine relève ses taux de 25 points de base
pour porter la fourchette des "fed funds" à 5,00%-5,25% lors de
la réunion des 2 et 3 mai, une prévision conforme aux attentes
du marché.
    Après cette hausse prévue des taux, 59 économistes sur 100
prévoient un statu quo sur le coût du crédit au moins jusqu'à la
fin de l'année. Ils sont seulement 26 à anticiper une baisse du
loyer de l'argent en fin d'année, un résultat également en ligne
avec les attentes du marché.
    "En ce qui concerne les données, malgré le ralentissement de
l'inflation en mars, il reste encore beaucoup à faire pour
revenir à l'objectif de 2%", a déclaré Michael Gapen, chef
économiste chez BofA Securities.
    "Nous maintenons notre prévision d'une première baisse de
taux en mars 2024. Si les tensions dans le système financier se
réduisent rapidement, nous ne pouvons pas exclure que des
données macroéconomiques plus solides amènent la Fed à procéder
à des hausses supplémentaires au-delà du mois de mai", a-t-il
ajouté.
    Dans une interview accordée à Reuters cette semaine, James
Bullard, président de la Fed de Saint-Louis, a estimé que le
taux des fonds fédéraux pourrait culminer à 5,50%-5,75%, en
raison d'une inflation qu'il juge obstinément élevée.
    Alors que l'inflation ne devrait pas revenir vers l'objectif
de la banque centrale avant au moins 2025, 26 économistes sur 35
sondés ont noté un risque accru qu'elle soit plus élevée que
prévu cette année.  
    Selon les économistes, le taux de chômage devrait passer de
3,5% à 4,3% d'ici la fin de 2023 et s'établir en moyenne à 4,5%
en 2024, un niveau relativement faible au regard de la situation
lors des précédentes récessions et qui pourrait maintenir la
pression à la hausse sur les prix.
    "Si le marché du travail reste résilient et l'inflation
persistante, comme c'est le cas dans nos prévisions, la Fed est
susceptible d'augmenter ses taux non seulement en mai, mais
aussi en juin et en juillet", a déclaré Andrew Hollenhorst, chef
économiste chez Citi.
    "Les risques sont doubles, mais nous maintenons notre
prévision d'une fourchette de taux terminal de 5,50%-5,75%",
a-t-il ajouté.
    Concernant la conjoncture économique, 37 économistes sur 47
sondés ont prédit une récession aux Etats-Unis cette année, 31
estimant qu'elle serait courte et peu profonde. Quatre ont jugé
qu'elle serait longue et peu profonde et deux l'ont vu comme
profonde.
    La probabilité médiane d'une récession aux Etats-Unis au
cours des deux prochaines années est évaluée à 70%, contre 65%
dans l'enquête du mois dernier, tandis que la prévision de
croissance du PIB est ressortie à seulement 1,1% cette année et
0,8% en 2024.

 (Reportage Prerana Bhat et Indradip Ghosh; version française
Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)