Engie, un énergéticien boosté à l'IA
information fournie par Investir 29/06/2026 à 09:00

engie 1 (Crédit: Claude Falguiere / Flickr)

Engie avait convié la presse il y a quelques jours à découvrir son nouveau campus construit sur un ancien site Peugeot, à quelques encablures de son ancienne tour de 185 mètres à La Défense. Cet ensemble de bâtiments autosuffisants en matière d'énergie, grâce à ses panneaux solaires et à sa centrale de géothermie, était en effet le lieu idéal pour présenter les enjeux auxquels sont confrontés les métiers du groupe.

Dans un secteur où la production et la consommation sont plus décentralisées qu'autrefois, «le défi de tout énergéticien est de s'assurer, à tout moment, d'avoir le bon électron au bon endroit. C'est indispensable, et c'est nouveau», a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale.

Prévoir la production

Dans ce cadre, «l'intelligence artificielle devient indispensable pour piloter le système», a expliqué Henri Domenach, directeur général Energy Management. Elle permet d'optimiser les activités de trading (l'achat et la vente de gaz ou d'électricité dans le monde depuis les salles de marché d'Engie) et la consommation des clients selon la météo, la géopolitique ou les tweets de Donald Trump, qui sont autant de facteurs déterminants pour les prix. «En 2020, nous avions encore des traders qui cliquaient pour traiter les contrats, aujourd'hui cela est fait en automatique», a poursuivi le dirigeant, précisant que le volume de données traitées chez Engie a été multiplié par 500 en cinq ans.

L'IA aide aussi «à prévoir le mieux possible la production du lendemain ou en temps réel, ainsi qu'à la piloter, par exemple quand les prix de l'électricité deviennent négatifs», a détaillé encore Henri Domenach. Aux Pays-Bas, le groupe est alors en mesure de «couper les panneaux solaires chez les clients». En Belgique, au sein du nouveau parc de stockage par batteries de Vilvorde, «l'un des plus grands d'Europe», les algorithmes prennent environ 8.000 décisions par jour, ce qui «permet à la fois d'avoir moins de salariés la nuit et de gérer le stockage selon la consommation».

Mais l'IA, c'est aussi un marché prometteur pour la vente d'électricité aux data centers. A l'horizon 2030, Engie devrait disposer de 5 GW de capacités en renouvelables et stockage dédiés, visant 50 TWh d'électricité (près de 10 % de la production française en 2025) livrée aux acteurs de la tech dans le monde.

Nous recommandons le titre à l'achat. La transformation du groupe, en particulier son désengagement du nucléaire belge, qui pourrait être total, ainsi que la toute récente acquisition d'un poids lourd de la distribution électrique au Royaume-Uni sont appréciées des investisseurs. Objectif: 33 €.

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