Encore plombé par les litiges en 2025, Bayer espère désormais rebondir information fournie par Boursorama avec AFP 05/03/2026 à 08:21
Le groupe d'agrochimie et de pharmacie Bayer a enregistré une troisième perte nette d'affilée en 2025, plombé par les litiges liés au glyphosate aux Etats-Unis, mais promet désormais de résorber ces coûts grâce à un vaste accord financier.
La bonne nouvelle est arrivée à point, quelques heures après la publication des résultats du groupe: un juge américain a donné mercredi une "approbation préliminaire" à l'accord collectif, visant à régler les plaintes en cours et futures concernant le Roundup, l'herbicide au glyphosate de Bayer, accusé d'être cancérigène.
Avec une perte de 3,6 milliards d'euros, en hausse de 42%, le groupe de Leverkusen (ouest) a vécu son pire exercice depuis 2020, année de la pandémie.
"Nous constatons des progrès dans notre vaste plan de redressement, mais le chemin est encore long", a assuré le président du directoire Bill Anderson lors d'une conférence sur les résultats.
L'an dernier, il anticipait 2025 comme une année "pivot", "la plus difficile en termes de performance financière".
La faute à des charges exceptionnelles de 7,5 milliards d'euros liées aux poursuites judiciaires contre le Roundup, herbicide de sa filiale Monsanto accusé d'être cancérigène.
Bayer s'est par conséquent réjoui du feu vert "préliminaire" mercredi de la justice américaine à un accord de 7,25 milliards de dollars avec les plaignants "actuels et futurs", annoncé récemment aux Etats-Unis.
Le tribunal de Saint-Louis (Missouri) rendra le 9 juillet 2026 sa décision finale, qui pourra encore faire l'objet de recours.
Au-delà de ces litiges, Bayer mise également sur un coup de pouce de la Cour suprême aux Etats-Unis.
En janvier, la juridiction suprême américaine a accepté d'examiner un recours de Bayer sur la recevabilité de plaintes, avec une décision à rendre d'ici fin juin.
D'ici là, le dirigeant souhaite "un débat approfondi sur l'agriculture américaine", pour qui le glyphosate est essentiel d'après lui.
Même sans les litiges, Bayer s'avère de moins en moins performant, en témoigne la chute de 4,5%, à 9,7 milliards d'euros du résultat opérationnel ajusté (EBITDA) avant éléments exceptionnels en 2025.
Corrigées des effets de change et de portefeuille, les ventes du groupe ont progressé de 1,1%, à 45,6 milliards d'euros.
Mais les effets de change négatifs ont coûté 1,7 milliard d'euros au groupe très implanté aux Etats-Unis.
La branche d'agrochimie, qui détient Monsanto et qui souffre de la conjoncture mondiale, s'est redressée cette année, avec une croissance de 1,1% portée avant tout par les semences.
Le chiffre d'affaires de la division pharmaceutique, normalement plus dynamique, a progressé de 1,7%, moins rapidement qu'en 2024.
Mais ses deux médicaments phares, le Nubeqa contre le cancer de la prostate et le Kerendia contre l'insuffisance rénale, enregistrent toujours de fortes ventes.
Pour 2026, les projections sont prudentes: Bayer anticipe au pire une stagnation et au mieux une hausse de 3% de son chiffre d'affaires hors effets de change, et un EBITDA avant éléments exceptionnels compris entre 9,6 et 10,1 milliards d'euros.
A la Bourse de Francfort, l'action a terminé en baisse de 2,38%, à 37,40 euros.
La guerre au Moyen-Orient, qui perturbe l'approvisionnement en substances pétrochimiques dont dépend Bayer, n'a pour l'instant "pas d'impact significatif" sur l'activité, a assuré le directeur financier Wolfgang Nickl.
Le géant industriel espère aussi générer deux milliards d'euros d'économies à partir de 2026, fruit d'une profonde restructuration entamée en 2024.
Le groupe a d'ailleurs réussi en 2025 a réduire de 8,5% sa lourde dette, à 29,8 milliards d'euros.