ENCADRÉ-Réactions d'économistes et stratèges au budget 2025 du gouvernement français (actualisé) information fournie par Reuters 11/10/2024 à 16:43
(Actualisé avec Barclays)
Le Premier ministre Michel Barnier a présenté jeudi le projet de loi de finances pour 2025 de son gouvernement qui prévoit des économies massives de 41,3 milliards d'euros et 19,3 milliards d'euros de recettes supplémentaires via une hausse significative des impôts avec l’objectif de ramener le déficit public de la France à 5% du PIB en 2025 et à 3% en 2029.
BRUNO CAVALIER, CHEF ECONOMISTE CHEZ ODDO BHF
"Primo, les taxes semblent mieux étayées que les mesures en dépenses (certaines restent à déterminer par voie d’amendements). Secundo, environ 20% des mesures sur les dépenses sont en fait des hausses d’impôt déguisées, par exemple tout ce qui concerne le reprofilage des allègements de charges sociales.
"Un calcul rapide suggère que le plan Barnier pourrait amputer le PIB de l’ordre de 0,5 à 0,7 point selon le partage qu’on retient entre dépenses et impôts. Dans ces conditions, il nous paraît plus probable de tabler sur une croissance française au mieux au voisinage de 0,5% en 2025".
"En réalité, l’ajustement budgétaire touchera l’ensemble du tissu productif, de quoi pousser à l’attentisme".
EQUIPE EUROPE chez UBS
"L'ampleur du resserrement budgétaire proposé - s'il est finalement approuvé par le Parlement et examiné par la Commission européenne - sera probablement conforme aux exigences de la procédure de déficit excessif (PDE) que la Commission européenne a ouverte pour la France".
"Dans l'ensemble, nous estimons que les augmentations d'impôts prévues pourraient faire augmenter l'inflation globale de 0,4 à 0,5 point de pourcentage, mais le facteur compensatoire de la baisse des prix de l'énergie devrait réduire l'impact net à 0,1 à 0,3 point de pourcentage".
ERIK-JAN VAN HARM, SENIOR MACRO STRATEGE CHEZ RABOBANK
"L'objectif de réduction du déficit budgétaire à 3% d'ici 2029 ne fait que stabiliser le ratio de la dette, au lieu de le faire baisser. Cela signifie qu'au fur et à mesure que les taux d'intérêt plus élevés s'infiltrent dans l'encours de la dette française, la charge d'intérêt sur les finances publiques continue d'augmenter. Les finances publiques sont donc plus viables qu'en l'absence d'intervention, mais elles ne sont pas sur une trajectoire véritablement durable".
XAVIER CHAPARD, STRATÈGE CHEZ LBPAM
"La présentation du budget français n’a pas apporté de surprise, confirmant que le gouvernement souhaite réduire le déficit de 6,1% du PIB cette année à 5% pour 2025, via des hausses de taxes ciblées et une stabilisation des dépenses. Cela nous semble ambitieux même si cela va dans le bon sens".
"L’attention va se tourner vers les débats au parlement et vers les agences de notation. A commencer par Fitch qui revoit la note de la France ce soir. Si une baisse de la note est très peu probable dès aujourd’hui, un abaissement la perspective de 'stable' à 'négative' ne peut être écarté. Dans tous les cas, cela ne sera pas une surprise majeure pour les marchés".
SILVIA ARDAGNA ET MARIANO CENA, ECONOMISTES CHEZ BARCLAYS
"Le gouvernement compte sur les bonnes performances des exportations et de la demande intérieure privée, bien supérieures à nos prévisions et à celles de la Banque de France".
"Nous pensons qu'il y a de fortes chances que le gouvernement ne soit pas en mesure d'adopter l'ensemble de son programme de consolidation visant à ramener le déficit à 5,0% du PIB en 2025, contre 6,1% du PIB en 2024. Par conséquent, nous prévoyons que le déficit public en 2025 ne diminuera que d'un modeste 0,2 point de pourcentage pour atteindre 5,8% du PIB".
(Rédigé par Bertrand De Meyer, édité par Blandine Hénault et Kate Entringer)