EN DIRECT-Incertitude sur les négociations USA-Iran alors que la fin de la trêve approche
information fournie par Reuters 21/04/2026 à 02:01

Téhéran s'interroge sur la possibilité d'envoyer ou non une délégation au Pakistan pour une nouvelle session de négociations avec Washington, a déclaré lundi à Reuters un représentant iranien de haut rang, dénonçant comme un obstacle majeur la décision des Etats-Unis de bloquer les ports iraniens.

Ces commentaires interviennent alors que touche à sa fin le cessez-le-feu de deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, entré en vigueur aux premières heures du mercredi 8 avril, laissant entrevoir une escalade des hostilités qui ont tué des milliers de personnes à travers le Moyen-Orient.

Une source au Pakistan, médiateur des négociations, a indiqué que la trêve prendrait fin jeudi à 00h00 GMT.

Donald Trump a de nouveau prévenu dimanche qu'il détruirait toutes les centrales électriques et les ponts iraniens, comme il avait menacé de le faire, juste avant la trêve, s'il n'obtenait pas de Téhéran un accord et la réouverture du détroit d'Ormuz - que le président américain a ensuite annoncé bloquer.

En quête d'une résolution rapide, le chef de la Maison blanche veut éviter une flambée prolongée des prix du pétrole, qui pèsent sur les marchés financiers. Alors qu'un flou a entouré ses objectifs de guerre, il a répété récemment vouloir s'assurer que Téhéran ne se doterait jamais de l'arme nucléaire et récupérer la "poussière nucléaire" iranienne.

Le président du Parlement et négociateur en chef iranien, Mohammed Baqer Qalibaf, a accusé lundi soir Donald Trump d'accroître la pression sur l'Iran en bloquant ses ports et en violant le cessez-le-feu, avec la saisie d'un navire sous pavillon iranien. Téhéran rejette de quelconques négociations sous la menace, a-t-il écrit sur le réseau social X.

Alimentant l'incertitude sur la tenue d'une nouvelle réunion entre les Etats-Unis et l'Iran, une source a déclaré à Reuters que J.D. Vance était resté à Washington lundi, en dépit d'informations de presse selon lesquelles le vice-président américain était en route pour le Pakistan. Il était le 11 avril à la tête de la délégation ayant participé à une première réunion à Islamabad avec de hauts représentants iraniens.

Le brouillard entourant le processus diplomatique est d'autant plus épais que la trêve annoncée jeudi dernier au Liban a tourné court. Israël continue d'occuper et détruire le sud du pays dans le cadre d'une campagne présentée comme destinée à démanteler le Hezbollah, malgré l'ouverture de pourparlers sans précédent avec Beyrouth et les mesures prises par celui-ci contre les activités militaires du mouvement aligné sur l'Iran.

Le Pakistan, qui s'est préparé à accueillir une nouvelle réunion Washington-Téhéran, avait dit que le cessez-le-feu temporaire entre les deux camps concernait également le Liban, ce qu'a alors démenti le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, pas présent aux discussions mais, a-t-il dit, tenu "constamment" informé par l'administration Trump des contacts américano-iraniens.

Le POINT SUR le conflit au Moyen-Orient

Le DIRECT de la journée de lundi

(Reportage de Reuters, rédigé par le bureau de Paris)