Elections de mi-mandat aux Etats-Unis : l'inflation frappe deux fois information fournie par Carmignac 04/11/2026 à 14:12
Par Kevin Thozet, membre du comité d'investissement de Carmignac
Même problème, autre perdant. En 2024, Kamala Harris et les démocrates ont perdu la Maison-Blanche, avec l'inflation et le pouvoir d'achat au cœur des préoccupations des électeurs américains. Deux ans plus tard, Donald Trump et les républicains perdent le Congrès pour… les mêmes raisons. L'inflation et cout de la vie, la frustration des électeurs reste largement la même. Donald Trump devra donc composer avec une Chambre des représentants et un Sénat démocrates pour la seconde partie de son mandat.
Pour les marchés actions, cette présidence de fin de mandat sous gouvernement divisé n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. Historiquement, les actions se sont plutôt bien comportées dans ce type de configuration. La perspective d'accords budgétaires bipartisans devrait apporter une impulsion budgétaire positive, avec un possible marchandage entre, d'un côté, les dépenses militaires et, de l'autre, des mesures visant à éviter un choc social, alors que des millions d'Américains perdent progressivement leur couverture santé. Le précédent du Bipartisan Budget Act de 2019 offre ici un cadre de comparaison utile.
Pour les obligations, le tableau est moins favorable. Antagonisme politique ne rime pas nécessairement avec discipline budgétaire. Aucun des deux camps n'a politiquement intérêt à défendre l'austérité. Au contraire, chacun devrait chercher à faire avancer ses propres priorités. Un déficit élevé et les importantes émissions d'obligations du Trésor américain qui en découlent devraient donc persister, constituant un risque pour la partie longue de la courbe des taux étatsuniens.
Le dollar paraît lui aussi vulnérable, compte tenu de déséquilibres budgétaires importants, d'une crédibilité politique plus fragile et des incertitudes entourant le cycle de resserrement de la Réserve fédérale.
Sur le plan sectoriel, les entreprises domestiques les plus sensibles à la fiscalité sont les plus exposées. Un Congrès démocrate devrait remettre la hausse de l'impôt sur les sociétés au cœur du débat politique. Les entreprises réalisant l'essentiel de leurs bénéfices aux États-Unis, avec peu de revenus étrangers et de peu de crédits d'impôt pérennes, sont les plus vulnérables. C'est notamment le cas des banques américaines, des distributeurs domestiques, des acteurs de l'assurance santé et des télécoms.
Pour les centres de données, un Congrès démocrate face à une présidence Trump affaiblie présente un tableau plus contrasté que véritablement négatif. La contestation croissante autour des centres de données est bien réelle, mais démocrates comme républicains restent fortement incités à préserver les investissements, la croissance et les recettes fiscales qu'ils génèrent.
En revanche, les infrastructures de réseau, l'électrification et l'investissement industriel domestique devraient trouver un soutien politique plus marqué. Les infrastructures sont particulièrement intéressantes car elles se situent au croisement des deux camps. Les démocrates soutiennent la transition énergétique et les investissements dans les réseaux électriques, tandis que les républicains continuent de privilégier la production industrielle américaine, les capacités de production d'électricité et la relocalisation des chaînes de production.