* Le résultat affecté par les craintes d'attentat et la
livre
* Effet de change négatif de £90 mlns
* La baisse de la demande devrait se poursuivre
* L'action baisse de près de 6% à Londres
par Sarah Young
LONDRES, 6 octobre (Reuters) - EasyJet <EZJ.L > a vu son
bénéfice avant impôt chuter de 25% sur l'exercice qui s'est
achevé le 30 septembre et la compagnie aérienne à bas coûts,
touchée de plein fouet par la baisse de la livre, n'attend pas
d'amélioration dans un avenir prévisible.
Cette première baisse du bénéfice annuel depuis 2009 tient
en partie à l'exposition de la compagnie britannique à l'Egypte
et à la Turquie, deux pays frappés par des attentats, ainsi
qu'aux villes françaises de Paris et Nice elles aussi meurtries.
Ce facteur géographique et la dépréciation de la livre
depuis le vote du Royaume-Uni en faveur d'une sortie de l'Union
européenne expliquent qu'easyJet ait davantage souffert que sa
grande rivale Ryanair RYI.I , basée en Irlande.
L'action easyJet est sanctionnée par un recul de 5,78% à 945
pence vers 09h45 GMT, après un plus bas depuis 2013 de 913,5
pence. Sa baisse de 45% depuis le début de l'année constitue la
deuxième plus mauvaise performance de l'indice FTSE .FTSE de
la Bourse de Londres.
Dans son communiqué publié jeudi avant l'ouverture, la
compagnie dit s'attendre pour l'exercice clos le 30 septembre à
un résultat avant impôt de l'ordre de 490 à 495 millions de
livres (556-562 millions d'euros), soit un peu moins que le
consensus des analystes qui avait été déjà revu à la baisse à
497 millions.
En juillet, la compagnie s'était abstenue de communiquer des
prévisions contrairement à ses habitudes, mettant déjà en avant
le contexte incertain.
Le recul de la livre depuis le vote du Brexit a amputé le
bénéfice de 90 millions de livres en 2015-2016 et l'effet de
change devrait être du même ordre lors de l'exercice qui a
commencé le 1er octobre, a fait savoir easyJet.
La devise de Sa Majesté est tombée cette semaine à son plus
bas niveau depuis 1985 contre le dollar et elle est à un creux
de cinq ans face à l'euro.
Carolyn McCall, la directrice général d'easyJet, a estimé
que le groupe sortirait renforcé de sa mauvaise passe.
"L'environnement actuel est difficile pour toutes les
compagnies aériennes, mais l'histoire nous montre que dans ces
périodes les compagnies les plus fortes le deviennent encore
plus", a-t-elle affirmé en se montrant confiante dans l'avenir.
Le prix moyen des billets d'easyJet a reculé de 8,7% sur les
trois derniers mois et la compagnie s'attend à une poursuite de
cette tendance lors du trimestre en cours, sur fond de
concurrence exacerbée sur le marché européen.
Ryanair avait dit le mois dernier que les prix pourraient
baisser de 10 à 12% sur les six mois entre septembre et mars.
Gerald Khoo, analyste chez Liberum, ne croit pas à une
embellie avant l'été 2017. "Compte tenu de la saisonnalité
d'easyJet et du secteur dans son ensemble, un catalyseur positif
paraît peu probable avant l'été prochain", explique-t-il en
réitérant son conseil de vendre le titre.
Robin Byde, chez Cantor, note cependant qu'easyJet, comme
Ryanair, reste bien placé sur le marché européen face aux
compagnies traditionnelles comme British Airways ICAG.L ,
Lufthansa LHAG.DE ou Air France AIRF.PA .
"A mon sens, il y a toujours easyJet et Ryanair contre les
autres, et les compagnies low cost baissent leurs prix
agressivement pour continuer de remplir leurs avions", dit cet
analyste qui reste à l'achat sur la valeur.
Voir aussi
BREAKINGVIEWS-EasyJet misery a foretaste of European airmageddon
(Sarah Young, Véronique Tison pour le service français)