Dixième jour de conflit USA-Iran : le pétrole s'embrase, les marchés européens décrochent
information fournie par Zonebourse 09/03/2026 à 17:51

Sous la pression de l'escalade militaire au Moyen-Orient, les cours du pétrole se sont envolés, provoquant le repli des Bourses européennes au terme de la première séance de la semaine, hormis Amsterdam. Un climat d'aversion au risque s'installe, nourri par la crainte d'une inflation persistante. Enregistrant sa troisième séance consécutive de baisse, le CAC 40 a reculé de 0,98 % à 7 915,36 points. L'Eurostoxx 50 a cédé 0,65% à 5 682,70 points.

Le conflit impliquant les États-Unis et l'Iran entre dans son dixième jour. La fermeture du détroit d'Ormuz a propulsé les cours du brut à des niveaux records. Vers 10h30, le Brent a bondi de près de 27% pour atteindre 107,05 dollars, franchissant le cap des 100 USD pour la première fois depuis 2022. Le WTI, de son côté, a grimpé de plus de 12% à 105,1 USD. A la clôture, ils progressaient respectivement de 7% et 3%.

Cette flambée, bien qu'anticipée par les analystes, fait peser une lourde menace inflationniste. Les investisseurs s'interrogent désormais sur la pérennité de ce choc : simple pic passager ou crise économique durable ?

Pour Goldman Sachs, la barre des 100 USD marque une rupture critique. Au-delà, on observe une "destruction de la demande", où la consommation chute face à des prix devenus insupportables. Les prévisions de la banque sont sombres :

- une baisse de 0,4 % de la croissance mondiale.

- une hausse de l'inflation de 0,7 point.

- un durcissement probable des politiques monétaires par les banques centrales.

"Pour les investisseurs, la question centrale porte sur l'évolution future du conflit et sur ses conséquences pour les marchés financiers. Nous distinguons trois scénarios, principalement déterminés par la durée du conflit et le niveau des prix de l'énergie", estiment Olivier Raingeard et Gabriel Karaboulad respectivement directeur des investissements et directeur adjoint des investissements chez Neuflize OBC.

Ces scénarios sont les suivants :

- Statu quo pendant quelques semaines avant un apaisement, avec un prix du pétrole autour ou au-dessus de 100 USD

- Un conflit prolongé de trois mois ou plus, avec un prix du pétrole au-dessus de 130 USD

- Amélioration rapide de la situation, avec un prix du pétrole autour de 80 USD

Dans une interview accordée au Times of Israel ce dimanche, le président américain a assuré que la fin de la guerre en Iran reposera sur une décision "mutuelle" prise avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Depuis Washington, le secrétaire d'Etat Marco Rubio s'est montré ferme : "Nous allons atteindre nos objectifs avec une force et une précision écrasantes. Chaque jour, le régime iranien dispose de moins de missiles. Le monde sera meilleur lorsque notre mission sera terminée".

Entamée le 28 février dernier, l'intervention militaire des forces américaines et israéliennes sur le sol iranien se poursuit sans calendrier officiel. Le silence de l'administration américaine sur la durée prévue des combats accentue l'inquiétude internationale.

En réponse, Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la Révolution, a affirmé que l'Iran était capable de poursuivre "au moins six mois de guerre intense". Sur le plan politique, Mojtaba Khamenei a été officiellement nommé successeur de l'ancien Guide suprême, tué samedi 28 février lors de frappes aériennes.

Sécuriser le détroit d'Ormuz

Concernant les affrontements, les attaques de missiles et de drones se sont poursuivies dans plusieurs pays du Golfe ce lundi.

L'Union européenne est prête à renforcer ses missions de protection du trafic maritime en raison de la guerre au Moyen-Orient, a-t-elle annoncé dans un communiqué.

De son côté, Emmanuel Macron a affirmé aujourd'hui depuis Chypre préparer avec ses partenaires une future mission "purement défensive" pour rouvrir le détroit d'Ormuz et escorter les navires "après la sortie de la phase la plus chaude du conflit" au Moyen-Orient, afin de permettre la circulation du pétrole et du gaz.

Suite à l'enlisement de ce conflit, les valeurs des compagnies aériennes ont fortement baissé, Air-France KLM et Lufthansa reculant respectivement de près de 4 et 7%.

Outre les tensions géopolitiques toujours palpables, dans l'actualité des sociétés cotées, Ipsen a perdu près de 5% ce lundi. Les investisseurs ont sanctionné de mauvaises nouvelles au sujet de son Tazverik (tazemetostat) : le laboratoire pharmaceutique a décidé de retirer le produit des marchés où il est commercialisé sur toutes ses indications actuelles, tant pour le lymphome folliculaire (LF) que pour le sarcome épithélioïde (SE), à la suite de données défavorables issues d'une étude pour une nouvelle indication.

Airbus envisagerait de former un consortium avec deux industriels allemands pour répondre à un projet de communications spatiales de la Bundeswehr, affirme ce matin Bloomberg.

Worldline annonce le lancement d'une augmentation de capital réservée d'environ 108 millions d'euros qui sera souscrite par trois investisseurs stratégiques : Bpifrance Participations, Crédit Agricole et BNP Paribas. Cette opération se traduira par l'émission de 39 287 272 actions ordinaires nouvelles, au prix unitaire de 2,75 EUR, qui seront souscrites par Bpifrance Participations pour environ 46 MEUR, Crédit Agricole pour environ 30 MEUR et BNP Paribas pour environ 32 MEUR.

Dans une note d'analyse sur le secteur des métaux et des mines publiée ce lundi, J.P. Morgan a abaissé sa recommandation sur ArcelorMittal passant de surpondérer à sous-pondérer. La banque américaine a également baissé son objectif de cours, le ramenant de 53,50 à 40 EUR. Elle estime que la valorisation boursière actuelle du géant sidérurgique "n'intègre pas suffisamment les impacts négatifs potentiels liés à la hausse des prix mondiaux de l'énergie". Avec des pertes proche de 4%, l'action du groupe sidérurgique a signé l'une des plus fortes baisses de l'indice Europe STOXX 600 ce lundi dans le sillage de ces commentaires.