Diageo trinque avec la tequila aux États-Unis et titube en Bourse information fournie par Boursorama avec AFP 25/02/2026 à 14:10
Le géant britannique des boissons alcoolisées Diageo, concurrent du français Pernod Ricard, s'effondre de près de 9% mercredi à la Bourse de Londres après avoir fait état de performances en berne aux Etats-Unis, notamment sur la tequila et revu à la baisse ses perspectives annuelles.
Diageo a publié mercredi ses résultats pour son premier semestre décalé, achevé au 31 décembre, et les performances "ont été contrastées", selon son nouveau directeur général Dave Lewis, qui a pris les rênes de l'entreprise en janvier, en remplacement de Debra Crew qui avait quitté précipitamment ses fonctions à l'été.
Le dirigeant note de bons résultats en Europe, en Amérique latine ou encore en Afrique, mais pointe du doigt des conditions difficiles en Amérique du Nord et une "faiblesse persistante des spiritueux blancs" en Chine.
Aux Etats-Unis en particulier, le groupe connu pour ses marques Johnnie Walker, Guinness ou Smirnoff dit souffrir de la concurrence de marques moins chères, notamment de tequila, choisies en priorité par les Américains face aux pressions sur le coût de la vie.
"L'évolution des habitudes de consommation d'alcool et la modération des consommateurs exercent également une influence", selon Keith Bowman, analyste à interactive investor. "Les droits de douane américains et les restrictions sur l'alcool en Chine constituent toujours des vents contraires supplémentaires."
M. Lewis dit voir "d'importantes opportunités" et le bénéfice net du groupe a même progressé légèrement au premier semestre, de 3,1% à près de 2 milliards de dollars.
Mais le chiffre d'affaires de Diageo, qui a annoncé en décembre avoir conclu un accord avec le géant japonais de la bière Asahi pour céder sa filiale kényane de spiritueux, a reculé de 4% à 10,5 milliards de dollars sur la première moitié de son exercice.
Le groupe revoit à la baisse ses prévisions annuelles et anticipe désormais une baisse de son chiffre d'affaires à périmètre et taux de change constants de 2 à 3%. Il annonce en outre réduire son dividende "à un niveau plus approprié" et accélérer ses réductions de coûts.
"Les résultats sont désastreux, et le travail de redressement est colossal", commente Dan Coatsworth, analyste chez AJ Bell.
Le nouveau directeur général n'est là "que depuis quelques semaines et il est trop tôt pour qu'il puisse élaborer un véritable plan" mais "Dave Lewis sera sous pression pour redresser Diageo rapidement", selon lui.