Devises : $ soutenu par des rendements à 4,5/5%, le Yen dévisse sous 160/$
information fournie par Zonebourse 27/03/2026 à 20:49

Le "Dollar Index" ( 0,25%) refranchit la barre des 100,00 et retrouve ses meilleurs niveaux depuis le 13 mars, sur la semaine, il s'apprécie de 0,50%.

Le "VIX" grimpe de 13,5% et va finir la semaine au-delà des "30", signalant un niveau de stress très élevé, le Nasdaq perd -3,2% sur la semaine, chute de -7,5% au mois de mars : en d'autres temps, cela signale un désinvestissement de la zone Dollar mais c'est tout l'inverse qui se produit.

C'est bien le facteur "actif refuge" qui soutient le Dollar, et il y a également un second facteur assez déplaisant : le rendements de T-Bonds US franchit des seuils psychologiques avec détermination.

Le "30 ans prend 5Pts à 4,986% et tutoie les 5,00% (4,997% au plus haut), le "20 ans" les dépasse allègrement, le "10 ans prend 2Pts à 4,44%, le "2 ans" a fait une incursion au-delà des 4% (4,025%) avant de faire machine arrière vers 3,92%... le mouvement le plus significatif du jour avec 11Pts de volatilité.
Le "10 ans" US se tend de 5Pts sur la semaine (cela ne paraît pas trop impressionnant) mais il se dégrade de 50Pts depuis le 27 février : les anticipations monétaires se sont retournées et c'est désormais une hausse de taux qui se dessine d'ici fin 2026, au lieu d'une ou 2 baisses comme la FED le laissait présager.
Les anticipations inflationnistes prennent le dessus et pour ne rien arranger, le baril de brut texan (WTI) fait un bond de 6,5% à plus de 100$, revenant tester ses récents sommets du 23 mars, ce qui avait conduit Trump à tenter de redonner un espoir (illusoire) de paix aux marchés... qui s'est rapidement avéré être une manoeuvre, voir un mensonge tactique.

Les taux se tendent de façon assez comparable de part et d'autre de l'Atlantique, les écarts entre $ et Euro restent modestes (l'Euro s'effrite de -0,15%) mais ils se creusent un peu face au Franc suisse (-0,5% vers 0,7990$ et -0,35% face à l'Euro vers 0,9200, niveau plus revu depuis le 2 février).
Mais le "fait du jour", c'est le décrochage du Yen sous 160,00 et même 160,30 :la dernière fois que cela s'est produit, la Banque du Japon a dépensé des milliards de dollars pour tenter d'enrayer sa chute.

La faiblesse du yen s'explique par un seul facteur : l'écart de taux d'intérêt entre les États-Unis et le Japon : actuellement les 4,45%, tandis que le taux japonais est de 0,5 %: presque 400Pts de base, c'est considérable.
Le "carry trade" est de retour : les détenteurs de Yen le convertissent en $ et le placent dans des actifs américains rapportant 4,45 à 5,00%.


Côté "macro": les signes de faiblesse de l'économie US se succèdent : l'indice de confiance des consommateurs calculé par l'Université du Michigan a reculé de -3,3Pts à 53,3 points en mars, contre 53,5 points attendus après 56,6 le mois précédent.
Mais la vraie préoccupation est que la remontée de leurs anticipations d'inflation à un an - passées de 3,4% à 3,8% en un mois - amène les ménages à réduire leurs dépenses, et le "30 ans" qui renoue avec les 5% propulse les taux hypothécaires au-delà de 7%, niveau à partir duquel la demande de crédit immobilier s'effondre.