Devises : $ plombé par de nouvelles 'rumeurs' de paix USA/Iran information fournie par Zonebourse 21/05/2026 à 20:25
Le Dollar reperd en quelques minutes l'intégralité de ses gains face à l'Euro (qui rebondit de 1,1600 vers 1,1625) tandis que Wall Street passe de -0,3% à 0,5% et le "WTI" de 101 vers 98$. Le "$-Index" est presque revenu à l'équilibre en début de soirée (99,10) avant se redresser un peu vers 99,17 ( 0,08%). Les parités sont identiques ce soir à celles de la veille sur l'Euro, le Yen, le Yuan, la Livre grappille 0,1%, ainsi que le Franc suisse qui progresse de 0,1% face au billet vert et à l'Euro (0,9140)
La raison de l'embellie à Wall Street qui se double d'une baisse du billet vert ?
La même que la veille, la même que les 10 fois précédentes : l'annonce d'un "accord de paix imminent".
Hier, c'était venu de "sources" pakistanaises (rien n'a été confirmé côté Iran), aujourd'hui ce seraient des "médias d'État iraniens" (aucun de ceux mentionnés par les fameuses "sources" qui font bouger les marchés ne véhiculent la "parole officielle" depuis 2 mois).
Mais la "nouvelle" qui réjouit les marchés ce jeudi est un "copier/coller" de celle répandue la veille (vers 16H) : "le projet final de l'accord États-Unis-Iran a été conclu avec la médiation du Pakistan, ce qui devrait être annoncé dans les prochaines heures".
Ce qui est en revanche certain, c'est que Mojtaba Khamenei, le guide suprême iranien, qui exige que "l'uranium enrichi à un niveau proche de celui nécessaire à la fabrication d'armes nucléaires reste en Iran".
Le leader chiite a été clair : aucun stock d'uranium enrichi ne doit quitter le pays. Les responsables iraniens estiment en effet que l'exportation de ce matériau rendrait le pays plus vulnérable à de futures attaques américaines ou israéliennes.
Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a par ailleurs accusé les États-Unis de vouloir "déclencher une nouvelle guerre" contre son pays.
Cette déclaration éloigne donc la perspective d'une négociation rapide avec les Etats-Unis, alors que Trump a répété à de nombreuses reprises que l'obtention de l'arme atomique par Téhéran constituait une ligne rouge absolue, et idem pour Israël.
Aucun expert du conflit n'envisage que l'Iran renonce à son meilleur atout, ni ne rouvre Ormuz sans avoir obtenu un dégel de ses avoirs, des "réparations"... et la certitude - il faudrait la signature d'un traité- que ni les US ni Israël ne fomenteront de nouvelles attaques ou tentatives de coup d'état.
En ce qui concerne l'actualité économique, la journée a riche en "market movers" : d'après les "minutes" publiées hier soir, des divergences de vues s'expriment au sein des membre de la FED sur le maintien des taux, ou leur relèvement en cas d'inflation soutenue et durable.
Les "chiffres du jour" outre-Atlantique ne sont pas brillants : l'indice "Philly-FED" dévisse de 26,7 vers -0,4% à la surprise générale (le consensus était à 17,6) et ce recul provient d'une chute historiques des commandes avec un jauge passée de 33 à -1,7.
Pas de grosse variations sur l'emploi : le Département du Travail des Etats-Unis indique avoir comptabilisé 209 000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage lors de la semaine du 13 mai, un chiffre en baisse de 3 000 par rapport au niveau de la semaine précédente.
En Europe, Bruxelles annonce réviser à la baisse ses prévisions de croissance à 0,9% dans l'UE, pour la France ce serait 0,7% (au lieu de 0,9%) et l'Allemagne serait de nouveau en stagnation, à la frontière de la récession.
Le PMI global dans l'UE chute vers 47,50, soit un peu plus profondément en zone de contraction.
En France, le 1er Ministre Sébastien Lecornu exclut une nouvelle fois toute mesure d'abaissement des taxes "indifférenciées" sur les carburants (l'aide aux "gros rouleurs" va passer de 50 à 100E)... et il ajoute que cette situation d'énergie chère était amenée à "?durer, il ne faut pas mentir aux Français?"... et que cela coûterait probablement plus de 6MdsE à la France.
La hausse de l'essence et du diesel expliquent largement le fait que la consommation a brutalement flanché en avril : les perspectives s'annoncent par ailleurs très négatives pour les prochains mois comme en témoigne la chute du PMI composite français, : il s'est effondré en mai de 47,6 vers 43,5, à son plus bas niveau depuis 66 mois.
Le PMI manufacturier chute à 48,9 contre 52,1 attendus, le PMI des services plonge vers 42,9 contre 46,6 attendus.