Devises : le Yuan se replie vivement (-0,4%) après le sommet Trump/Xi-Jinping
information fournie par Zonebourse 15/05/2026 à 19:42

Le "$-Index" aligne sa 4ème hausse consécutive et accélère la cadence avec 0,4% vers 99,2, au plus haut depuis le 8 avril. L'Euro se replie symétriquement de -0,3% vers 1,1635 (au plus bas depuis le 7 avril), le Franc suisse de -0,35%, la Livre Sterling de 0,55% vers 1,335 alors que la situation politique au Royaume Uni sent la fin de règne pour Keir Starmer, avec des taux longs en ébullition vers 5,18%. Le Yen résiste mieux alors que le rendement du "10 ans" fuse vers 2,713% et le rendement du "30 ans" vers 4,05% (du jamais vu depuis 1997).

Ce vendredi des "3 sorcières" est également une journée particulière puisque la gestion du Dollar relève désormais de la responsabilité de Kevin Warsh, alors que Jerome Powell terminait son mandat ce 15 mai.

La cote d'alerte sur les T-Bonds est allègrement franchie aux Etats Unis et le dossier "taux qui flambent" (le "10 ans" US affiche 4,60%) sera sur le bureau de Kevin Warsh dès lundi !

Le billet vert a vu son attractivité renforcée par une robustesse inattendue de l'activité (peut-être en anticipation de la hausse des matières premières) : la production industrielle américaine a augmenté de 0,7% en avril, après avoir reculé de 0,3% en mars (consensus à 0,3%).
Le taux d'utilisation des capacités de production est de 76,1%, contre 75,8% attendu après 75,7% le mois précédent.

En outre, l'activité des entreprises manufacturières "Empire state" a fortement augmenté dans l'Etat de New York en mai, selon la Fed de New York, dont l'indice général des conditions économiques a grimpé de neuf points pour atteindre 19,6, son niveau le plus élevé depuis plus de quatre ans, alors que les nouvelles commandes et les livraisons ont considérablement augmenté pour le 2e mois consécutif.

L'un des "faits du jour" sur le FOREX, c'est le soudain décrochage du Yuan face au Dollar, avec -0,38% vers 6,81, un écart assez inhabituel et qui semble adresse le message suivant : la Chine ne perd pas de vue ses objectifs de compétitivité face aux Etats Unis.

Lors de son voyage de retour, peu après avoir quitté Pékin dans "Air Force One", Donald Trump a affirmé avoir "conclu des accords commerciaux fantastiques, excellents pour les deux pays", sans en dévoiler les détails.
Le principal contrat, c'est une promesse d'achat de 200 Boeing (Wall Street en espérait 500), sans calendrier, sans précision sur les types d'appareils sélectionnés.
Le reste est banal, de l'ordre du "business as usual", pas besoin d'un "sommet de Pékin" pour signer des achats de soja et d'autres produits agricoles américains, ou de pétrole (les réserves stratégiques américaines qui chutent rapidement vont-elles permettre d'honorer ce genre d'engagement sur le long terme ?).
Par ailleurs, le ministère des Affaires étrangères chinois a rappelé en marge du sommet Etats-Unis-Chine que le conflit dans le Golfe Persique "n'aurait jamais dû se produire" (il entrera dans son 78ème jour ce samedi à minuit)
Pour détendre un peu l'atmosphère, alors la Chine et les Etats Unis ne semblent en définitive pas alignés sur grand chose, le président chinois a salué l'installation entre les deux superpuissances économiques concurrentes d'une nouvelle relation de "stabilité stratégique constructive" et une volonté partagée d'oeuvrer à une réouverture du détroit d'Ormuz.

Ce qui ne semble évoqué par aucun média, c'est l'embargo chinois -en vigueur depuis le 1er mai- sur sa production d'acide sulfurique, indispensable pour le raffinage de "métaux critiques" comme le cuivre, le nickel, le lithium : des pénuries planétaires risquent de pénaliser également le secteur industriel américain, mais la délégation qui accompagnait Donald Trump na pas communiqué sur ce sujet sensible.