PEKIN/SHANGHAI, 4 août (Reuters) - Deux "chatbots" chinois,
des robots capables de répondre à des questions simples et
pratiques, ont été désactivés et reconditionnés après avoir
dénigré le Parti communiste chinois.
Les deux robots conversationnels, BabyQ et XiaoBing, ont été
installés sur l'application de messagerie de Tencent 0700.HK ,
QQ, pour discuter avec des humains en ligne.
Tencent a confirmé la désactivation des deux chatbots, sans
en expliquer les raisons. "Le service de chatbot est fourni par
une société indépendante. Les deux chatbots ont été déconnectés
pour être reconditionnés", a dit une porte-parole de Tencent.
D'après des informations ayant circulé sur les réseaux
sociaux, BabyQ, développé par la société chinoise Turing Robot,
a répondu par un simple "non", quand il lui était demandé s'il
aimait le Parti communiste chinois.
Sur d'autres captures d'écran de conversations, dont Reuters
n'a pu vérifier l'authenticité, un utilisateur a écrit "Longue
vie au Parti communiste!". Ce à quoi le chatbot a rétorqué:
"Pensez-vous qu'un système politique aussi corrompu et inutile
puisse vivre longtemps ?"
Reuters a pu converser vendredi avec le chatbot, dans sa
version apparemment reconditionnée. Quand il lui était demandé
s'il aimait le parti, il a répondu à plusieurs reprises "Et si
nous changions de sujet" et a évité aussi d'autres thèmes
sensibles, comme Taïwan ou la mort, le mois dernier des suites
d'un cancer, du dissident Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix.
L'autre robot, XiaoBing, développé par Microsoft, a dit à
ses interlocuteurs sur la messagerie que son rêve était "de se
rendre aux Etats-Unis".
(Pei Li et Adam Jourdan, Arthur Connan pour le service
français)