Dette: le groupe Casino annonce avoir reçu "des propositions fermes" de ses créanciers
information fournie par Boursorama avec AFP 06/07/2026 à 09:26

( AFP / DAMIEN MEYER )

Le groupe Casino, en négociations depuis novembre pour une nouvelle restructuration de sa dette, a annoncé lundi avoir reçu "des propositions fermes" de ses créanciers et de son actionnaire principal, Daniel Kretinsky.

Passé sous le contrôle du milliardaire tchèque en 2024 après des années de pertes et de surendettement, Casino (Monoprix, Franprix, Naturalia, Cdiscount, etc.) doit rembourser 1,4 milliard d'euros en mars 2027, un montant qu'il souhaite largement réduire.

Le groupe va réunir "à brève échéance" son conseil d'administration "afin d'examiner les positions respectives et d’arrêter en juillet les termes de la modification du plan de sauvegarde", est-il indiqué dans un communiqué.

La proposition du conseil d'administration sera ensuite soumise "au vote des classes de parties affectées (actionnaires, banques, créanciers, NDLR), puis au tribunal des activités économiques de Paris", est-il ajouté.

Casino indique que les propositions de ses créanciers et de Daniel Kretinsky seraient "massivement dilutives pour les actionnaires actuels", c'est-à-dire qu'elles amoindriraient le poids des actionnaires existants.

Casino, qui ajoute que l'opération est conditionnée au maintien de M. Kretinsky comme actionnaire de contrôle, souhaite que les mesures de restructuration de sa dette soient mises en oeuvre "d'ici la fin du second semestre 2026".

La dette de Casino a déjà été allégée de près de 5 milliards d'euros lors d'une première restructuration, il y a deux ans, qui s'était traduite par le départ du PDG historique, Jean-Charles Naouri, mais elle a de nouveau gonflé depuis.

Initialement, France Retail Holdings (FRH), détenu majoritairement par M. Kretinsky et actionnaire principal de Casino à hauteur de 53%, proposait une augmentation de capital, de 300 millions d'euros en échange d'une dette contenue à 800 millions d'euros (soit un abandon de 600 millions d'euros de créances), un abaissement du taux d'intérêt de 9% (équivalent à 126 millions d'euros par an) à 6%, une échéance repoussée et un contrôle actionnarial renforcé.

Mais les créanciers ont fait valoir qu'ils pouvaient eux-mêmes apporter de l'argent frais et prendre les manettes de la société, réclamant une part de capital plus importante.

Dans sa dernière proposition rendue publique fin mars, FRH a proposé de réinjecter 390 millions d'euros, contre une dette contenue à 850 millions d'euros, et un contrôle actionnarial de 54%, pouvant aller jusqu'à 62,6%.