Des marchés mondiaux suspendus aux signaux de désescalade au Moyen-Orient
information fournie par Edmond de Rothschild AM 03/04/2026 à 11:06

Flash Marchés Edram

  • Les marchés ont dans un premier temps salué chaque signal de désescalade : les taux souverains se sont détendus, soutenant un rebond des actions, tandis que le Brent a fluctué entre 100$ et 110$ le baril.
  • Le discours de Donald Trump a ensuite douché en partie cet optimisme : tout en réaffirmant que la guerre serait « de courte durée », il a menacé de détruire toute installation énergétique iranienne en cas de refus de Téhéran de céder aux exigences américaines.
  • En Chine, le PMI manufacturier de mars a atteint un plus haut depuis mars 2025, confirmant la résilience de l'activité et soutenant le yuan, tandis qu'au Japon l'indice Tankan manufacturier est resté bien orienté au premier trimestre.

La dynamique des marchés financiers a reflété cette semaine l'optimisme prudent des investisseurs, chaque signal de désescalade apparente au Moyen-Orient étant salué malgré l'absence de perspective concrète de réouverture du détroit d'Ormuz. Les déclarations ambivalentes de l'administration américaine, oscillant entre « discussions sérieuses » avec un « nouveau régime iranien », menaces sur les infrastructures énergétiques, hypothèse d'un retrait des troupes même si Ormuz resterait fermé alors que l'objectif de priver l'Iran de l'arme nucléaire serait atteint selon le président américain, ou encore le potentiel retrait des États Unis de l'OTAN faute de soutien suffisant de certains alliés – ont entretenu un climat d'incertitude.

Dans ce contexte de tensions persistantes, les marchés ont pourtant réagi positivement dans un premier temps : les taux souverains se sont détendus, soutenant un rebond des actions, tandis que le Brent a fluctué entre 100$ et 110$ le baril. Le repli des anticipations de nouvelles hausses de taux directeurs, combiné à un ton plus attentiste de Jerome Powell, a constitué le principal moteur de ce mouvement. Le discours très attendu de Donald Trump est toutefois venu doucher en partie cet optimisme : tout en réaffirmant que la guerre serait « de courte durée » (2 à 3 semaines encore), le président américain a menacé de détruire toute installation énergétique iranienne en cas de refus de Téhéran de céder aux exigences américaines. Les indices actions ont alors reculé, tandis que les taux souverains et le prix du pétrole repartaient à la hausse.

Au niveau macroéconomique, la zone euro a vu son inflation remonter à 2,5 % en glissement annuel, tirée par l'énergie, tandis que l'inflation sous jacente est restée contenue à 2,3 % et le chômage de février a légèrement progressé. Aux États Unis, les données témoignent d'une économie moins fragilisée qu'anticipé, l'indice de confiance des consommateurs du Conference Board a progressé en mars, les ventes au détail ont surpris positivement, les créations d'emplois dans le secteur privé ont atteint 62 000 postes et l'ISM manufacturier est ressorti à 52,7, au dessus des attentes (52,3). Par ailleurs, en Chine, le PMI manufacturier de mars s'est inscrit à un plus haut depuis mars 2025, confirmant la résilience de l'activité et soutenant la vigueur récente du yuan, tandis qu'au Japon, l'indice Tankan manufacturier est resté bien orienté au premier trimestre.

Dans ce contexte marqué à la fois par un regain de volatilité et une macroéconomie globalement résilience, nous restons attentifs à l'évolution des discussions entre les États-Unis et l'Iran, tout en conservant une stratégie d'achat des replis sur les actions et une préférence, sur l'obligataire, pour le crédit et la dette émergente.

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