Des économistes tempèrent après l'inflation plus élevée que prévu information fournie par Zonebourse 02/10/2026 à 14:34
Réagissant aux chiffres de l'inflation de la zone euro plus élevés que prévu, dévoilés dans la matinée, Société Générale pense néanmoins qu'une hausse des taux par la BCE en octobre paraît peu probable, alors que CPRAM estime que l'équation devient désormais plus compliquée pour l'institution monétaire francfortoise.
Le taux d'inflation annuelle de la zone euro devrait atteindre 3,8% en septembre 2026, contre 3,2% en août, selon une estimation rapide d'Eurostat, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis trois ans. A titre de comparaison, le consensus n'anticipait qu'un taux annuel de 3,6% le mois dernier.
Sans grande surprise, cette accélération de l'inflation globale le mois dernier a été largement tirée par des prix de l'énergie en hausse de 18,8% en comparaison annuelle, contre un taux de 14,3% observé le mois précédent.
"Cette accélération des prix de l'énergie va se poursuivre au vu des niveaux du pétrole, du gaz et de l'électricité sur les marchés de gros. Le pic est attendu en début d'année 2027 puis les effets de base devraient être plus favorables à compter de mars", prévient Juliette Cohen, chez CPRAM.
La stratégiste note aussi que l'inflation alimentaire a accéléré, passant de 1,1% en août à 1,5% en septembre du fait des augmentations de prix des produits frais, pour lesquels l'inflation atteint 4% en septembre, en partie en raison de la sécheresse.
Une inflation ressortie à 2,5% en données sous-jacentes
En données sous-jacentes, les prix à la consommation dans la zone euro ont augmenté de 2,5% sur un an le mois dernier, un taux en hausse de 0,1 point par rapport à août, alors que Société Générale anticipait un maintien à son niveau de 2,4%.
Toutefois, la banque française souligne que, sur l'ensemble du 3e trimestre 2026, l'inflation globale et l'inflation sous-jacente se sont établies respectivement à 3,3% et 2,5% sur un an, conformément aux prévisions de la BCE.
Société Générale ne voit pas de hausse de taux en octobre
"Compte tenu de la récente remontée des rendements obligataires et des déclarations de plusieurs membres de la BCE indiquant que davantage de données sont nécessaires avant toute nouvelle décision de politique monétaire, une hausse des taux en octobre paraît peu probable", juge Société Générale.
"Nous continuons de prévoir une prochaine hausse des taux lors de la réunion de décembre, qui devrait probablement être la dernière. Le risque reste toutefois orienté vers un nombre plus important de hausses de taux", poursuit-elle.
Une équation plus compliquée pour la BCE, selon CPRAM
"L'élément positif de cette publication est la confirmation de l'absence d'effets de second tour, que ce soit du côté des prix des biens manufacturés, des services ou de l'alimentation transformée", souligne de son côté Juliette Cohen.
Selon elle, l'équation devient désormais plus compliquée pour la BCE après deux hausses des taux directeurs, entre la hausse des prix de l'énergie, sur lesquels elle n'a pas de prise, la hausse des taux longs, qui durcissent les conditions de financement, et la maîtrise des anticipations d'inflation.
"La communication de Christine Lagarde a d'ailleurs évolué récemment, avec un accent mis sur l'impact des hausses de taux longs sur la croissance et l'inflation", note la stratégiste de CPRAM.