De nouvelles sanctions américaines entraînent la suspension des vols iraniens
information fournie par Reuters 24/09/2026 à 18:45

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(Mise à jour concernant les Émirats arabes unis aux paragraphes 1 et 2; ajout d'un rapport de Tasnim au paragraphe 3)

* L'Arabie saoudite affirme avoir intercepté des missiles balistiques houthis

* L'échéance fixée par les États-Unis aux entreprises pour cesser toute collaboration avec les compagnies aériennes iraniennes est dépassée

* Une interdiction de vol prolongée pourrait aggraver l'isolement de l'Iran

par Federico Maccioni, Eman Abouhassira et Timour Azhari

Les compagnies aériennes iraniennes se sont vu interdire l'accès aux pays voisins, notamment les Émirats arabes unis et Oman, jeudi, en réponse aux nouvelles sanctions américaines. Il s'agit là de la première conséquence majeure d'un changement de politique américaine visant à cibler les entreprises de pays tiers qui font des affaires avec l'Iran.

L'Autorité générale de l'aviation civile des Émirats arabes unis, la plus grande plaque tournante du voyage au Moyen-Orient, a déclaré qu'en raison de cette nouvelle politique américaine, elle suspendait tous les vols des compagnies aériennes iraniennes jusqu'à nouvel ordre.

L'agence de presse iranienne Tasnim a rapporté que les vols vers Oman, la Géorgie et l'Azerbaïdjan, ainsi que vers Bagdad, la capitale irakienne, avaient également été suspendus. Elle a précisé que les autorités s'efforçaient de réacheminer les vols vers un autre aéroport irakien, celui de Najaf, un important lieu de pèlerinage pour les musulmans chiites.

Washington avait annoncé qu'il imposerait des sanctions à toute entreprise internationale faisant affaire avec des compagnies aériennes iraniennes après le 23 septembre, dans le but de clouer au sol l'ensemble de la flotte civile iranienne à travers le monde.

D'autres pays de la région du Golfe semblaient également avoir restreint les vols.

L’aéroport Imam-Khomeini de Téhéran a publié jeudi la liste des arrivées et départs prévus à destination et en provenance de pays tels que l’Afghanistan, l’Arménie, la Chine, l’Irak, le Pakistan, le Tadjikistan et la Turquie. Mais aucun vol ne semblait figurer sur la liste à destination ou en provenance des États du Golfe voisins, avec lesquels l’Iran entretient depuis longtemps certains de ses liens commerciaux et touristiques les plus importants.

L’Iran a laissé entendre que l’application d’un blocus aérien imposé par les États-Unis conduirait à une escalade potentielle. Mercredi, un haut responsable iranien a menacé de rendre les aéroports « inutilisables » dans tout pays de la région qui se conformerait à l’interdiction américaine.

Par ailleurs, jeudi, les autorités saoudiennes ont déclaré avoir intercepté six missiles balistiques tirés par les combattants houthis du Yémen. Les Houthis ont affirmé avoir tiré des dizaines de missiles et de drones sur des cibles saoudiennes. Un conflit qui ne cesse de s’intensifier entre l’Arabie saoudite et les Houthis s’est imposé ce mois-ci comme le théâtre des combats au sein de la guerre plus large qui sévit au Moyen-Orient.

« LE JOUR J ÉCONOMIQUE »

La guerre américano-israélienne contre l’Iran étant largement dans l’impasse depuis des mois sur le champ de bataille, Washington a annoncé un changement de tactique visant à étendre la portée de ses sanctions financières en ciblant les entreprises de pays tiers qui font affaire avec des sociétés iraniennes, une pratique connue sous le nom de « sanctions secondaires ».

Trump a qualifié cette nouvelle stratégie le mois dernier de « Jour J économique », la comparant au débarquement des États-Unis et de leurs alliés sur la France occupée par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Une interdiction de vol, si elle se prolonge, pourrait aggraver l’isolement de l’Iran et exacerber la crise économique que traverse le pays, déjà confronté à un blocus américain de ses ports maritimes.

«Nous vivons dans une prison à ciel ouvert», a déclaré à Reuters par SMS une enseignante à la retraite de Téhéran, sous couvert d’anonymat.

L'ARABIE SAOUDITE AFFIRME AVOIR ABATTU DES MISSILES HOUTHIS

La guerre, lancée par Trump aux côtés d’Israël en février sous le nom d’« Opération Epic Fury », a perturbé l’approvisionnement énergétique mondial, fait des milliers de morts et fait grimper les prix du pétrole .

Des conflits ont repris dans d'autres pays de la région où l'Iran a des alliés, d'abord au Liban, puis au Yémen, où les Houthis ont déclaré un blocus contre l'Arabie saoudite en juillet et lancé une offensive éclair ce mois-ci contre un gouvernement soutenu par l'Arabie saoudite.

Les Houthis ont tiré à plusieurs reprises sur l'Arabie saoudite ce mois-ci et affirment que l'armée de l'air saoudienne a mené des centaines de frappes sur le Yémen depuis l'escalade des combats.

L’Arabie saoudite a déclaré avoir intercepté six missiles balistiques houthis jeudi, après avoir émis des alertes d’urgence pour des zones comprenant la ville sainte de La Mecque, Djeddah et Yanbu, le principal port pétrolier saoudien de la mer Rouge.

«Toute escalade et toute violation commise par la milice terroriste houthiste sera traitée avec fermeté», a déclaré dans un communiqué la coalition dirigée par l’Arabie saoudite qui combat les Houthis au Yémen.

Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a déclaré que le groupe avait attaqué des sites militaires saoudiens dans la province de Jazan, à la frontière avec le Yémen, en ciblant des salles d’opérations, des centres de commandement et de contrôle, des dépôts d’armes, des sites de lancement de missiles et des camps militaires.

Des sources au sein du gouvernement yéménite, reconnu internationalement et soutenu par l’Arabie saoudite, ont indiqué que leurs forces avaient repoussé, pendant la nuit, des attaques houthistes contre une voie d’approvisionnement clé menant à Aden, la ville portuaire de l’océan Indien où le gouvernement a établi son siège.

Les Houthis, qui contrôlaient déjà le nord du pays, y compris la capitale Sanaa, se sont emparés ce mois-ci de l’ensemble du littoral yéménite de la mer Rouge et poursuivent leur avancée dans les hautes terres adjacentes, près de la ville montagneuse de Taïz, située au centre du pays, et le long de la route menant à Aden.

Les Houthis maintiennent la pression sur les forces gouvernementales qui tiennent un col de montagne escarpé et sinueux connu sous le nom de Hejat al-Abd, une artère vitale pour les forces pro-gouvernementales encerclées , ainsi que pour les marchandises entrant à Taïz.

La prise de certaines portions de la route Taiz-Aden pourrait permettre aux Houthis de resserrer leur emprise autour de Taiz et de porter un nouveau coup au gouvernement, qui peine à reprendre l'initiative depuis qu’il a perdu la côte ouest.

Selon les Nations unies, plus de 700 personnes ont été tuées et des milliers d’autres blessées lors des derniers combats. Près de 130.000 Yéménites ont été déplacés à l’intérieur du pays, tandis que plus de 3.000 ont fui par bateau en traversant la mer Rouge pour rejoindre l’Afrique.