De l'auto à l'armement : Renault se lance dans la fabrication de drones de combat avec Turgis Gaillard
information fournie par Boursorama avec Media Services 20/01/2026 à 15:52

Le célèbre constructeur automobile va mobiliser plusieurs de ses usines pour la production de drones militaires, dans le cadre d'un accord avec le groupe industriel français. L'entreprise d'aéronautique s'est notamment révélée au grand public par son projet de drone AAROK, présenté en 2023.

Un modèle de drone AAROK, produit par Turgis et Gaillard (illustration) ( AFP / GUILLAUME SOUVANT )

La marque au losange ouvre de nouveaux horizons industriels. Renault a confirmé lundi 19 janvier que "la démarche se concrétisait" pour créer une filière française de fabrication de drones militaires, "avec un projet en partenariat avec Turgis Gaillard", après une information de presse sur ce futur contrat et le choix de deux usines françaises. Le magazine Usine Nouvelle a écrit lundi que Renault allait fabriquer des drones militaires dans ses usines du Mans et de Cléon, en collaboration avec l'entreprise de défense française Turgis Gaillard, un contrat potentiel d’un milliard d’euros sur dix ans.

Turgis Gaillard, forte de 400 salariés, produit des systèmes de défense et a lancé récemment un drone de combat. Renault précise que ce partenariat sera placé sous l'égide de la Direction générale de l'armement. Déjà présent dans le domaine de la défense par sa production de camions et véhicules militaires dont les Renault TRM et GBC 180, le constructeur automobile avait été contacté l'an dernier par le ministère français des Armées, ainsi que par d'autres industriels, notamment pour fabriquer des drones.

"Sollicité par le ministère des Armées français, Renault Group a été invité à mettre son expertise au service du développement d’une filière française de drones", a rappelé Renault à l'AFP. "Renault Group dispose en effet d’un savoir-faire recherché: concevoir, industrialiser et produire en grande série des objets hautement technologiques, tout en maîtrisant la qualité, les coûts et les délais".

Le groupe n'a en revanche pas commenté l'information de l'Usine Nouvelle sur les sites concernés, expliquant que les syndicats devaient en avoir la primeur. "Nous ne pouvons confirmer les sites mentionnés dans les médias au regard de l’avancée du projet et pour respecter le processus de consultation des instances représentatives du personnel", a indiqué le groupe à l'AFP.

Renault n'a pas vocation à devenir un "acteur majeur de la défense"

En juin dernier, le ministre de la Défense d'alors, Sébastien Lecornu, avait évoqué "un partenariat complètement inédit où une grande entreprise produisant des voitures françaises" allait "s'allier avec une PME de défense française pour armer des lignes de production en Ukraine pour être capables de produire des drones".

Renault avait précisé à ses salariés en septembre qu'il n'avait pas pour objectif de devenir "un acteur majeur de la défense" et ne s'engagerait que si le projet avait "un impact positif sur l'activité" en France sans affecter sa capacité d'investissement dans son cœur de métier, l'automobile. Le ministère des Armées visait la fabrication de drones à une échelle de "plusieurs milliers en quelques mois", avait indiqué début 2025 le directeur général pour l'armement, Emmanuel Chiva.