Dassault Aviation s'envole à Paris après ses résultats
information fournie par Zonebourse 04/03/2026 à 10:49

Le groupe aéronautique publie des résultats annuels 2025 en progression, portés par les livraisons de Rafale et la dynamique du Falcon, dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques accrues et une demande soutenue dans la Défense. Le carnet de commandes atteint un niveau historique de 46,6 MdsEUR, offrant une visibilité élevée sur l'activité des prochaines années, tandis que la direction anticipe un chiffre d'affaires en hausse en 2026. Porté par ces annonces supérieures aux attentes du marché, le titre gagne plus de 4% à Paris.

Le résultat net consolidé ajusté s'établit à 1 061 millions d'euros en 2025, en progression de 0,5%, mais ce chiffre intègre pourtant une surtaxe d'impôt sur les sociétés en France de 96 MEUR ; hors cette surtaxe, le résultat net ajusté aurait atteint 1,16 MdEUR, souligne l'avionneur.

En données publiées IFRS, le résultat net consolidé atteint 977 MEUR (contre un consensus à 947 MEUR), en progression de 5,7% par rapport à 924 MEUR en 2024. Le résultat net par action IFRS ressort à 12,52 euros contre 11,78 euros un an plus tôt.

Le chiffre d'affaires ajusté consolidé s'établit à 7,42 MdsEUR (consensus : 7,10 MdsEUR), soit une hausse de 19,1%.
Dans le détail, l'activité Défense progresse à 4,65 MdsEUR contre 3,96 MdsEUR, tandis que le Falcon atteint 2,78 MdsEUR contre 2,27 MdsEUR.

Au total, 26 Rafale (dont 15 à l'Export) et 37 Falcon ont été livrés en 2025, contre respectivement 21 Rafale et 31 Falcon en 2024. La part de l'Export représente 77% du chiffre d'affaires.

Le résultat opérationnel consolidé ajusté atteint 635 MEUR (consensus : 584 MEUR), en hausse de 22% par rapport aux 519 MEUR de 2024.
Enfin, le carnet de commandes consolidé (IFRS 15) s'élève à 46,60 MdsEUR au 31 décembre 2025, en progression de 7,8%. Il comprend 220 Rafale (dont 175 à l'Export) et 73 Falcon. Les prises de commandes 2025 atteignent 10,94 MdsEUR, en hausse de 0,7%, avec un book-to-bill de 1,5x.

"Les contextes militaires, géopolitiques et budgétaires, couplés aux droits de douane, créent de l'incertitude sur l'activité", a souligné Éric Trappier, Président-Directeur Général. "Parallèlement, la pression fiscale dégrade la compétitivité de la Société. Bien que le budget de la défense française avec "marches" soit préservé, sa mise en oeuvre doit se concrétiser par une révision de la Loi de Programmation Militaire. Nous restons par ailleurs dans l'incertitude pour le SCAF."

Pour 2026, Dassault Aviation anticipe ainsi un chiffre d'affaires d'environ 8,5 milliards d'euros, en hausse par rapport à 2025, avec 28 livraisons de Rafale et 40 Falcon. Le groupe vise le respect de ses engagements industriels, la négociation des 114 Rafale indiens et la poursuite de ses développements, sans formuler à ce stade d'objectif chiffré de rentabilité.

L'avis des analystes

À la suite de cette publication, Oddo BHF maintient son conseil neutre sur le titre Dassault Aviation, avec un objectif de cours inchangé à 325 euros. Le broker salue des résultats 2025 qui font ressortir un EBIT ajusté de 635 millions d'euros, supérieur aux attentes, grâce notamment à une baisse de 11% des dépenses de R&D autofinancées et à une génération de free cash-flow jugée solide. La note précise que la valorisation reste attractive, mais qu'un "rebond tangible de la demande sur les bizjets" serait nécessaire pour soutenir une revalorisation du titre.

De son côté, Jefferies confirme son conseil acheter sur le titre Dassault Aviation, avec une cible de 400 euros. Le broker salue également la bonne performance de l'EBIT et indique que celle-ci a été portée par des ventes plus solides, notamment à l'export dans la Défense, ainsi que par une baisse des dépenses de R&D à 5,2% du chiffre d'affaires contre 7,0% en 2024. Le bureau d'analyses juge par ailleurs les perspectives 2026 "encourageantes", avec un objectif de chiffre d'affaires autour de 8,5 milliards d'euros sur la base de 40 Falcon et 28 Rafale livrés, soit un niveau globalement en ligne avec le consensus, mais supérieur à ses propres estimations précédentes.

Chez AlphaValue, Saïma Hussain estime que "dans l'ensemble, la nette surprise positive sur les résultats, la solidité du carnet de commandes et des perspectives résilientes devraient soutenir une réaction favorable du marché".