Dans les eaux troubles d'Ormuz, les armateurs tentent de trouver la parade information fournie par Zonebourse 11/03/2026 à 12:10
Alors que la crise sécuritaire au Moyen-Orient perdure, le détroit d'Ormuz concentre toujours l'attention des marchés. C'est dans cet étroit goulot maritime que transitent 20% des flux mondiaux d'hydrocarbures, dont près de 80% sont destinés aux marchés asiatiques. Si l'Iran ne bloque pas physiquement le passage, les menaces de la République islamique ont provoqué une interruption du trafic et une flambée des primes d'assurance.
Interrogé par Le Monde, Vincent Clerc, directeur général de l'armateur danois Maersk, rapporte que 10 des 700 navires que compte la compagnie sont actuellement bloqués dans le Golfe Persique. "Notre première tâche a été de mettre en sécurité nos 6 000 collaborateurs sur place et nos 10 navires bloqués dans le Golfe. Ces derniers sont regroupés au milieu de la mer, car c'est un endroit plus sûr que les ports, qui sont attaqués", rapporte-t-il.
Pour le moment, les stocks de pétrole restent suffisants aux Etats-Unis, en Europe ou en Amérique du Sud, mais l'Asie reste très dépendante des flux de la zone, ce qui pourrait entraîner un assèchement des points d'avitaillement dans la région. "Si on ne fait rien, nous risquons de nous retrouver, en Asie ou au Moyen-Orient, avec des points d'approvisionnement à sec", prévient le dirigeant.
Pour maintenir ses opérations, l'entreprise doit affréter des pétroliers afin de déplacer du carburant entre continents, avec parfois un recours au transport routier depuis des ports alternatifs comme Djedda ou Oman.
"Toute cette logistique a un coût. Par ailleurs, des dizaines de nos navires doivent se mettre à l'abri dans des ports qui n'étaient pas dans leur rotation et nous devons mobiliser des camions pour acheminer les conteneurs vers leur destination finale. On ne se contente pas de les laisser dans le premier port venu puis de repartir, comme le font certains de nos concurrents".
Des clauses restrictives chez les assureurs
Dans ces conditions, Jefferies rapporte que les primes d'assurance ont aussi fortement grimpé, ce qui explique pourquoi de nombreux navires restent bloqués dans le Golfe. La DFC (US International Development Finance Corporation) a d'ailleurs annoncé un projet de dispositif de réassurance destiné à soutenir le marché de l'assurance "Marine War Risk", couvrant jusqu'à 20 milliards de dollars de pertes potentielles.
"La plupart des armateurs présents dans le Golfe Persique ont probablement dû rétablir leurs polices d'assurance après leur résiliation initiale, mais à des tarifs nettement plus élevés", explique-t-on chez Jefferies.
Les assureurs auraient toutefois intégré des clauses restrictives, pouvant notamment exclure ou renchérir le passage par le détroit d'Ormuz. "Ces conditions pourraient expliquer pourquoi un seul navire aurait traversé ce passage depuis le début du conflit", indiquent les analystes.
Aux alentours de midi, le titre Maersk cédait 0,15% et affichait un repli hebdomadaire de 4,3%. Depuis le début de l'année, il signe toutefois une progression de l'ordre de 11%.
Interrogé par Le Monde, Vincent Clerc, directeur général de l'armateur danois Maersk, rapporte que 10 des 700 navires que compte la compagnie sont actuellement bloqués dans le Golfe Persique. "Notre première tâche a été de mettre en sécurité nos 6 000 collaborateurs sur place et nos 10 navires bloqués dans le Golfe. Ces derniers sont regroupés au milieu de la mer, car c'est un endroit plus sûr que les ports, qui sont attaqués", rapporte-t-il.
Pour le moment, les stocks de pétrole restent suffisants aux Etats-Unis, en Europe ou en Amérique du Sud, mais l'Asie reste très dépendante des flux de la zone, ce qui pourrait entraîner un assèchement des points d'avitaillement dans la région. "Si on ne fait rien, nous risquons de nous retrouver, en Asie ou au Moyen-Orient, avec des points d'approvisionnement à sec", prévient le dirigeant.
Pour maintenir ses opérations, l'entreprise doit affréter des pétroliers afin de déplacer du carburant entre continents, avec parfois un recours au transport routier depuis des ports alternatifs comme Djedda ou Oman.
"Toute cette logistique a un coût. Par ailleurs, des dizaines de nos navires doivent se mettre à l'abri dans des ports qui n'étaient pas dans leur rotation et nous devons mobiliser des camions pour acheminer les conteneurs vers leur destination finale. On ne se contente pas de les laisser dans le premier port venu puis de repartir, comme le font certains de nos concurrents".
Des clauses restrictives chez les assureurs
Dans ces conditions, Jefferies rapporte que les primes d'assurance ont aussi fortement grimpé, ce qui explique pourquoi de nombreux navires restent bloqués dans le Golfe. La DFC (US International Development Finance Corporation) a d'ailleurs annoncé un projet de dispositif de réassurance destiné à soutenir le marché de l'assurance "Marine War Risk", couvrant jusqu'à 20 milliards de dollars de pertes potentielles.
"La plupart des armateurs présents dans le Golfe Persique ont probablement dû rétablir leurs polices d'assurance après leur résiliation initiale, mais à des tarifs nettement plus élevés", explique-t-on chez Jefferies.
Les assureurs auraient toutefois intégré des clauses restrictives, pouvant notamment exclure ou renchérir le passage par le détroit d'Ormuz. "Ces conditions pourraient expliquer pourquoi un seul navire aurait traversé ce passage depuis le début du conflit", indiquent les analystes.
Aux alentours de midi, le titre Maersk cédait 0,15% et affichait un repli hebdomadaire de 4,3%. Depuis le début de l'année, il signe toutefois une progression de l'ordre de 11%.