Croissance, IA, actions : le consensus des gérants devient très encombré
information fournie par Zonebourse 25/08/2026 à 20:26

Cash au plus bas, exposition aux actions au plus haut depuis 2021 et confiance élevée dans la croissance et l'IA : l'enquête de Bank of America montre des investisseurs toujours fortement engagés dans un scénario économique favorable.

À l'approche de la rentrée, l'enquête mensuelle de Bank of America du 18 août fait ressortir un positionnement particulièrement optimiste sur les actifs risqués, avec un sentiment qui atteint son troisième niveau le plus optimiste depuis 2022. La part moyenne de cash dans les portefeuilles est tombée à 3,5%, contre 3,6% en juillet, soit le sixième niveau le plus faible depuis 1998, tandis que l'exposition nette aux actions mondiales atteint 56% de surpondération, son niveau le plus élevé depuis novembre 2021.

Sur le plan macroéconomique, ce positionnement s'appuie notamment sur des anticipations de croissance particulièrement favorables. Un record de 56% des gérants interrogés anticipe désormais une économie mondiale sans véritable atterrissage, contre 54% en juillet, tandis que 43% envisagent un scénario de "boom", soit la proportion la plus élevée depuis février 2022. Les attentes concernant les résultats des entreprises se sont également renforcées, avec 37% des répondants qui prévoient une croissance à deux chiffres des bénéfices au cours des douze prochains mois, au plus haut depuis août 2021.

Du côté de l'intelligence artificielle, le consensus reste également très favorable à la poursuite du cycle d'investissement. Malgré les interrogations concernant la rentabilité des investissements, 71% des répondants ne prévoient pas de réduction des dépenses d'investissement liées à l'IA en 2026. Les semi-conducteurs mondiaux restent ainsi considérés comme la position la plus encombrée par 53% des gérants, même si cette proportion a nettement diminué par rapport aux 82% observés précédemment.

Les risques identifiés par les investisseurs concernent néanmoins en partie ces mêmes thèmes. Une bulle liée à l'IA constitue le principal risque extrême pour 32% des répondants, tandis que 38% considèrent les dépenses des hyperscalers comme la source la plus probable d'un futur événement de crédit. Bank of America estime dans ce contexte que le positionnement actuel plaide davantage pour des rotations au sein des portefeuilles que pour une nouvelle hausse générale de l'exposition aux actifs risqués.

Parmi les positions contrariantes mises en avant par la banque figurent l'achat d'obligations contre les matières premières, des biens de consommation de base contre la technologie, de la consommation discrétionnaire contre les banques, ainsi que des actions britanniques contre les actions américaines. Au regard du niveau actuel d'exposition, une dégradation des perspectives de croissance, une inflexion plus restrictive de la Fed ou un ralentissement des dépenses consacrées à l'IA représentent les principaux risques pour les marchés.