Crédit Agricole : le bénéfice net chute de 39% au T4 avec Banco BPM et les coûts information fournie par Reuters 04/02/2026 à 09:15
par Mathieu Rosemain
Crédit Agricole SA CAGR.PA a fait état mercredi d'une chute de 39,3% de son bénéfice net au titre du quatrième trimestre, plombé par l'impact d'une charge exceptionnelle liée à l'augmentation de la participation de la banque française dans son concurrent italien Banco BPM BAMI.MI , la hausse des coûts et les pertes enregistrées dans son activité de crédit-bail automobile.
La troisième banque française en termes de capitalisation boursière a fait état d'un résultat net part du groupe de 1,03 milliard d'euros, légèrement au-dessus des attentes des analystes qui tablaient sur 966 millions d'euros.
Le produit net bancaire a baissé de 1,8% à 6,97 milliards d'euros, dépassant les 6,78 milliards attendus dans le consensus.
Crédit Agricole a dû enregistrer une charge "significative" de 607 millions d'euros liée à "l'impact de première consolidation de Banco BPM" après que le groupe français a porté sa participation dans la banque italienne au-delà de 20%.
À l'instar d'autres grandes banques européennes, Crédit Agricole a bénéficié de la hausse des taux d'intérêt et de la résilience de la demande de prêts, en particulier dans ses activités internationales et entreprises, alors même que les marges de la banque de détail en France sont restées sous pression.
Les analystes de JP Morgan ont qualifié mercredi dans une note le quatrième trimestre de "chaotique, marqué par une hausse des coûts et des provisions qui ont éclipsé des résultats financiers pourtant satisfaisants".
A la Bourse de Paris, vers 08h15 GMT, l'action Crédit Agricole perdait 2,7% à 18,23 euros contre un gain de 0,65% pour le CAC 40 .FCHI au même moment.
Le groupe se concentre aussi sur le marché italien, le plus important de Crédit Agricole en dehors de la France, où il souhaite consolider et renforcer sa présence dans le cadre d'une vague de consolidation qui secoue le secteur transalpin.
Interrogé sur la question de savoir si Crédit Agricole chercherait à prendre plus d'influence au sein de Banco BPM, le directeur général Olivier Gavalda a déclaré aux journalistes que la banque demandait à obtenir une représentation au conseil d'administration correspondant à sa participation de 20%.
"On revendique d'avoir une position au 'board' qui équivaut à nos 20%", a-t-il déclaré.
Selon des documents plus tôt en février, Banco BPM s'apprête à renforcer la représentation des actionnaires minoritaires en doublant à six le nombre maximal de sièges qu'ils peuvent obtenir au conseil d'administration.
Hausse des coûts
La division de banque de financement et d'investissement (BFI) a enregistré un trimestre record mais la croissance des revenus des activités de trading de taux, devises et matières premières (FICC) a été moins forte que celle de ses concurrents tels que Deutsche Bank DBKGn.DE , JPMorgan JPM.N et Goldman Sachs GS.N .
Au quatrième trimestre, les charges d'exploitation de Crédit Agricole ont progressé de 4,7% pour atteindre 4,1 milliards d'euros, dépassant les prévisions des analystes qui tablaient sur 3,9 milliards d'euros.
Cette hausse s'explique en partie par des coûts de restructuration en Italie de 65 millions d'euros destinés à renforcer la dimension numérique de la banque, a indiqué la directrice financière, Clotilde L'Angevin.
Elle a ajouté que le groupe réduirait ses effectifs en Italie de 500 postes, ramenant le total à 11.500.
Illustrant ces perspectives plus prudentes, le coût du risque, la mesure de l'exposition potentielle au non-remboursement des crédits, a augmenté de 5,9% à 629 millions d'euros.
La filiale de crédit-bail automobile Leasys, détenue à parts égales entre Crédit Agricole et le constructeur Stellantis STLAM.PA , a accusé une perte de 111 millions d'euros au quatrième trimestre après avoir déprécié la valeur de remarketing du portefeuille de véhicules d'occasion.
Crédit Agricole a proposé un dividende de 1,13 euro par action, en hausse de 3% sur un an et conforme aux attentes.
(Mathieu Rosemain, version française Augustin Turpin, édité par Blandine Hénault)