Corée du Sud-Négociations de la dernière chance à Samsung information fournie par Reuters 19/05/2026 à 11:48
par Hyunjoo Jin et Heekyong Yang
La direction de Samsung Electronics 005930.KS et le premier syndicat de l'entreprise ont réduit partiellement leurs divergences dans le cadre de leurs négociations salariales, a déclaré mardi un médiateur du gouvernement, qui espère écarter le risque d'une grève de 18 jours à partir de jeudi.
Dans cette nouvelle séance de médiation après des discussions infructueuses, les deux parties tentent de conclure un accord sur le versement de primes afin d'éviter une paralysie du plus grand fabricant mondial de puces de mémoire et premier employeur national avec quelque 120.000 salariés et 1.700 fournisseurs.
Samsung représente 22,8% des exportations sud-coréennes et 26% du marché boursier national, selon les chiffres gouvernementaux.
Mécontent de ce qu'il qualifie d'écart considérable en matière de primes par rapport au fabricant de puces rival SK Hynix, le premier syndicat du groupe, National Samsung Electronics Union (NSEU) exige notamment la suppression du plafond pour les primes, la pérennisation du versement de 15% du bénéfice d'exploitation aux salariés et une revalorisation des salaires.
En l'absence d'avancée, il menace d'une grève à partir de jeudi qui concernerait près de 50.000 salariés sur les sites de Giheung, Hwaseong et Pyeongtaek, dans la banlieue de Séoul, qui constituent le coeur du secteur sud-coréen de l'intelligence artificielle. Un débrayage d'une telle ampleur causerait un préjudice économique considérable que l'exécutif sud-coréen veut à tout prix éviter.
Park Su-keun, président de la Commission nationale des relations du travail, qui assure la médiation des négociations, a déclaré que si les deux parties avaient fait des concessions, elles restaient bloquées sur deux points clés, sans toutefois donner plus de détails.
La direction de Samsung proposerait une prime exceptionnelle ponctuelle pour 2026 et un reversement du bénéfice à hauteur de 10%.
"Il est possible qu'un accord soit trouvé", a dit Park Su-keun à des journalistes.
Contacté, la direction de Samsung a refusé de commenter. Un représentant syndical a déclaré que le syndicat mettait tout en oeuvre pour élaborer un plan satisfaisant pour ses adhérents.
Le gouvernement a menacé ce week-end d’intervenir et d’ordonner un arbitrage d’urgence. Cela empêcherait toute grève pendant 30 jours, le temps que le gouvernement renouvelle sa médiation.
L'action Samsung a perdu 2% mardi, limitant ses pertes après l'annonce d'un rapprochement des positions. Le titre a cédé 1,3% au cours de la semaine écoulée.
"La réalité est que tous nos citoyens s’inquiètent de cette situation, compte tenu des répercussions qu’une grève chez Samsung pourrait entraîner", a déclaré mardi le ministre de l’Industrie, Kim Jung-kwan, devant le Parlement.
Dans le pire des scénarios, la grève pourrait réduire de 0,5 point de pourcentage la croissance prévue de 2,0% pour l'économie sud-coréenne cette année, selon un responsable de la banque centrale du pays, qui a souhaité rester anonyme.
Ce chiffre repose sur l'hypothèse d'une perte d'environ 30.000 milliards de wons (17,11 milliards d'euros) de production de puces, ainsi que sur un risque de perturbation supplémentaire de "quelques semaines" avant que les chaînes de production ne fonctionnent à nouveau normalement.
Pour de nombreux investisseurs, plutôt que la grève potentielle elle-même, la question principale est de savoir si Samsung cédera à la demande du syndicat d’inscrire des primes plus importantes dans les contrats, ce qui entraînerait une augmentation des coûts de main d’oeuvre.
(Rédigé par Hyunjoo Jin et Heekyong Yang, avec la contribution de Joyce Lee, Cynthia Kim, Jack Kim et Heejin Kim ; version française Coralie Lamarque, édité par Sophie Louet)