Corée du Sud : création d'un premier syndicat chez Starbucks après un fiasco publicitaire information fournie par Boursorama avec AFP 20/07/2026 à 08:16
Un tout premier syndicat a vu le jour au sein de la chaîne de cafés Starbucks en Corée du Sud, a confirmé l'entreprise dimanche, après un fiasco publicitaire qui a conduit à la démission du directeur et à des cours d'histoire pour l'ensemble du personnel.
La Corée du Sud est le troisième plus grand marché de la marque américaine après les États-Unis et la Chine. Elle y est implantée depuis 1999 au travers de Shinsegae Group, qui exploite la marque sous licence avec plus de 2.000 cafés et 23.000 salariés, mais aucun syndicat jusqu'à présent.
En mai, Starbucks s'est retrouvé au cœur d'une vive controverse à propos d'une promotion locale pour des gobelets réutilisables, qui présentait le jour férié du 18-Mai comme le "Tank Day". Ce terme désigne les gobelets de la marque, mais signifie également "char" en anglais.
Or, le 18 mai coïncide avec le 46e anniversaire du soulèvement prodémocratie de Gwangju, maté dans le sang par des chars.
Dans un communiqué fondateur cette semaine sur le site de la fédération sud-coréenne des syndicats de la chimie, du textile et de l'alimentation, le nouveau syndicat de Starbucks a précisé vouloir "protéger" les droits des salariés et leur permettre de "travailler avec sincérité et fierté".
Il n'a pas mentionné le fiasco marketing mais a affirmé que, malgré des demandes répétées sur l'amélioration des conditions de travail, l'entreprise avait "finalement ignoré les revendications des partenaires sociaux et préféré introduire unilatéralement des événements promotionnels encore plus contraignants".
"Le moment est venu pour nous de faire valoir nos droits et de rétablir des relations sur un pied d'égalité entre la direction et les salariés", a-t-il souligné.
La direction de Starbucks en Corée du Sud, contactée par l'AFP, n'a pas précisé combien de salariés avaient rejoint le nouveau syndicat, mais a assuré vouloir "continuer à dialoguer avec le syndicat conformément aux lois et réglementations en vigueur".
Selon le groupe sud-coréen Shinsegae Group, la publicité catastrophe avait été élaborée après consultation d'une intelligence artificielle (IA) et les employés n'avaient "réalisé le caractère potentiellement problématique de la campagne qu'après la vive réaction du public". Certains responsables avaient approuvé l'opération publicitaire "sans ouvrir la pièce jointe".