Conflits, bulles, incertitude... : le gendarme financier allemand met en garde contre des "corrections brutales" en 2026 sur les marchés
information fournie par Boursorama avec Media Services 28/01/2026 à 11:55

Le gendarme financier allemand souligne la persistance de tensions internationales, notamment de conflits commerciaux, mais il s'inquiète également de la question "non tranchée" de "l'euphorie de croissance" autour de l'intelligence artificielle.

( AFP / ERIC PIERMONT )

Les marchés et les prix mondiaux pourraient connaître des "corrections brutales" en 2026, sous l'effet des tensions internationales et malgré l'engouement des bourses, a mis en garde mercredi 28 janvier le président du gendarme financier allemand.

"Selon nos analyses, il devient de plus en plus probable que la stabilité financière soit mise à rude épreuve ", avec un "risque élevé de corrections brutales des marchés et des prix", a averti Mark Branson, président de la BaFin, qui présentait le rapport annuel de l'autorité sur les risques pesant sur le système financier.

Cette mise en garde intervient alors que les marchés financiers évoluent dans un contexte de conflits commerciaux, qui se sont multipliés en 2025 sous l'impulsion du président Donald Trump et pèsent sur l'Europe, de conflits militaires ainsi qu'un endettement grimpant des États. S'y ajoute la question "non tranchée" de "l'euphorie de croissance" autour de l'intelligence artificielle , ce secteur affichant des valorisations et des investissements records, ce qui alimente la peur de l'éclatement d'une bulle de l'IA, note le rapport.

"Monde incertain"

"Dans un monde aussi incertain, si l'optimisme des marchés, la prise de risque sur les marchés privés et l'essor de véhicules faiblement régulés se poursuivent, un choc finira par se produire", a résumé Mark Branson.

L'autorité allemande s'inquiète en outre d'une "pression politique sans précédent sur les institutions (financières)", alors que Donald Trump attaque sans relâche le président de la banque centrale américaine Fed sur sa politique de taux. Ces pressions "pourraient compromettre la capacité de réaction internationale en cas de crise", note la BaFin.

Mais le gendarme financier assure ne pas être "alarmiste", soulignant les marges de manœuvre dont disposent banques et assureurs dans un contexte de taux d'intérêt stables, tout en indiquant qu'il surveillera "de manière intensive" en 2026 les risques de crédit pesant sur les banques.

Ceux-ci sont renforcés par la crise économique frappant l'Allemagne depuis trois ans, avec comme corollaire une multiplication des faillites d'entreprises, avant une reprise molle attendue cette année.