Comment les réseaux sociaux influencent les investisseurs particuliers information fournie par Zonebourse 16/07/2026 à 10:03
Une étude menée par l'AMF sur onze mois montre notamment que le nombre de messages publiés a davantage d'impact que le contenu même de ces messages. Mais est-ce encore d'actualité à l'heure de l'IA ?
Tous les investisseurs n'ont pas la même sensibilité face aux réseaux sociaux. Telle est l'une des conclusions d'une étude menée par l'AMF (Autorité des marchés financiers) sur les liens entre réseaux sociaux et activité boursière des particuliers.
Sur une période de onze mois, l'autorité a mis en regard les messages échangés en ligne concernant les groupes du CAC 40 et les transactions enregistrées sur les titres associés. Elle a ainsi testé différentes hypothèses via des modèles mathématiques pour évaluer les degrés de corrélation entre les variables testées et les volumes échangés.
Il apparaît que "les investisseurs les plus jeunes [ndlr, moins de 35 ans] et la clientèle des néo-brokers surréagissent aux messages publiés sur les réseaux sociaux". Et cela s'observe de deux façons : soit leur activité s'accroît lorsque le volume de messages échangés augmente, soit leur activité devient plus soutenue lorsque celle des autres investisseurs présents sur les réseaux augmente.
En regard, les clients de banques traditionnelles affichent une moindre sensibilité aux réseaux sociaux. Plus expérimentés, ils privilégient plutôt les informations dites fondamentales comme le prix ou les informations données par les émetteurs.
Le volume plutôt que l'opinion
Si cette divergence n'apparaît pas vraiment surprenante, les autres conclusions de l'étude le sont nettement plus.
En premier lieu, il apparaît que toutes les catégories de clientèle sont sensibles aux messages publiés en ligne, quel que soit leur âge ou l'intermédiaire choisi. Certes, comme expliqué ci-dessus, certains investisseurs se montrent plus réactifs, mais cela ne signifie pas que les autres négligent les réseaux sociaux.
L'autre grand enseignement concerne la manière dont s'exerce cette influence. Et le résultat ne manque pas d'étonner. Les auteurs de l'enquête ont analysé l'impact des messages positifs et négatifs. Or, leur teneur importe finalement peu. "Les particuliers ne réagissent pas davantage aux signaux positifs qu'aux négatifs", souligne le document en ajoutant que "les investisseurs particuliers réagissent à l'attention que les réseaux sociaux portent aux titres plutôt qu'aux sentiments qui y sont exprimés". En résumé, le volume prime sur le contenu.
Un temps de retard ?
Ce travail a le mérite de chercher à quantifier un phénomène pas toujours bien maîtrisé par le monde de la finance : l'influence croissante des réseaux sur les investisseurs. Pour autant, il n'apporte qu'un éclairage partiel et peut-être déjà dépassé.
L'AMF n'a mesuré l'activité sur les réseaux sociaux qu'au travers des messages postés sur X (ex-Twitter), un réseau parmi d'autres et qui n'est probablement pas la plateforme privilégiée par les jeunes investisseurs.
D'autre part, la période d'analyse s'est étendue de janvier à novembre 2024 et a donc pris fin il y a plus de dix-huit mois. Un délai relativement long au regard de la rapidité avec laquelle les habitudes évoluent en matière de réseaux sociaux.
On peut même se demander légitimement si les réseaux sociaux demeurent un facteur d'influence croissant pour les investisseurs aujourd'hui ou s'ils ne sont pas d'ores et déjà sur le point d'être supplantés par les agents d'intelligence artificielle. Le sujet mériterait probablement une autre étude...