CNBC/NRF mesure un bond de la consommation US (mais à relativiser) information fournie par Zonebourse 13/07/2026 à 17:51
Les ventes au détail américaines ont fortement progressé sur un an en juin, mais leur rythme mensuel suggère que cette accélération tient davantage à un effet de base favorable qu'à un véritable changement de tendance de la consommation.
Selon le CNBC/NRF Retail Monitor, les ventes au détail hors automobile et essence ont progressé de 9,41% sur un an en juin, contre 7,19% en mai et 5,73% en avril. Ce signal prolonge celui envoyé par Costco, dont les ventes comparables ajustées aux Etats-Unis avaient encore augmenté de 7,6% en juin, ainsi que par Bank of America, qui avait constaté une hausse de 6,3% des dépenses par carte et par ménage, la plus forte depuis 2022.
Le rapport repose sur les données anonymisées d'Affinity Solutions, couvrant plus de 140 millions de cartes de crédit et de débit, près de 9 milliards de transactions et plus de 500 MdsUSD de dépenses annuelles. Contrairement aux statistiques du Census Bureau, fondées sur une enquête auprès des entreprises puis régulièrement révisées, cet indicateur mesure directement les transactions et n'est pas révisé après sa publication.
Le détail sectoriel montre une vigueur largement répartie, toutes les catégories affichant une croissance sur un an. Le segment regroupant les articles de sport, les loisirs, la musique et les librairies se distingue avec une hausse de 18,53%, possiblement soutenue par la Coupe du monde. L'électronique, l'habillement et les produits numériques progressent également de plus de 13%.
La lecture séquentielle invite toutefois à nuancer le message. Les ventes hors automobile et essence ont augmenté de 0,33% en juin, après 0,42% en mai et 0,34% en avril. Composé et annualisé, ce rythme ressort à environ 4,5%, nettement en dessous de la hausse annuelle de 9,41%. Cet écart suggère qu'une partie de l'accélération observée sur un an tient à des effets de comparaison favorables.
Même si la Fed ne fonde pas ses décisions sur ces seuls indicateurs alternatifs, leur message reste peu accommodant : la demande ne ralentit pas pour justifier une baisse rapide des taux. L'attention se tourne désormais vers l'indice américain des prix à la consommation de juin, attendu mardi.